Roger Fréchette est acquitté des accusations d’agressions sexuelles

Le policier Roger Fréchette travaillait comme agent de détention au centre opérationnel sud du SPVM le soir du 18 février 2019 .
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le policier Roger Fréchette travaillait comme agent de détention au centre opérationnel sud du SPVM le soir du 18 février 2019 .

Le policier Roger Fréchette a été acquitté des accusations d’agressions sexuelles qui pesaient contre lui. Et ce, bien que la juge Lori René Weitzman n’ait pas cru la version de l’accusé.

Le témoignage de M. Fréchette est « à ce point loufoque que le tribunal l’écarte complètement », a précisé la juge qui a rendu sa décision mercredi au Palais de justice de Montréal. Selon elle, il est évident que le policier s’est rendu dans la chambre d’hôtel de la plaignante avec des intentions sexuelles.

Or, selon la juge, le témoignage de la plaignante, que le tribunal interdit d’identifier, contient lui aussi des « incohérences et contradictions », liées notamment a un syndrome de choc post-traumatique et à son état d’intoxication lors de cette soirée.

« Bien qu’un des objectifs d’un procès criminel soit la recherche de la vérité, la preuve présentée ne permet pas toujours de connaître véritablement et précisément le déroulement d’un incident visé », explique la juge.

Or, après avoir analysé l’ensemble de la preuve, la juge se dit « incapable de dire ce qui s’est passé dans la chambre d’hôtel. »

« Même si le témoignage de M. Fréchette est écarté comme étant non crédible, cela ne permet pas de croire automatiquement celui de [la plaignante], précise la juge. Nul doute que [la plaignante] a passé une mauvaise expérience le 18 février 2019 et le tribunal comprend sa frustration de ne pouvoir se fier à sa mémoire des événements. Toutefois, sa version des faits n’est pas suffisamment fiable pour conclure hors de tout doute raisonnable qu’elle a été agressée sexuellement par M. Fréchette. »

Rappelons que la plaignante était venue passer la fin de semaine à Montréal avec son amoureux de l’époque en février 2019. Elle avait été arrêtée en soirée pour intoxication sur la voie publique et détenue pour la nuit. Le policier Roger Fréchette, qui était chargé de la surveillance des détenus cette nuit-là, avait eu plusieurs interactions avec elle. Lors de son témoignage en juillet dernier, la plaignante avait soutenu que celui-ci avait tenu des propos de nature sexuelle, affirmant notamment qu’il aimait qu’elle soit « comme un animal en cage ».

Le policier a avoué l’avoir attendue dans sa voiture et l’avoir reconduit à son hôtel. Selon lui, il agissait alors en toute bonne foi, pour lui rendre service car elle n’était pas vêtue correctement pour la saison et ne connaissait personne pour l’aider. Les deux parties ont reconnu qu’il y a eu des actes de nature sexuelle dans la chambre, à savoir que la main de la plaignante s’est trouvée sur le pantalon du policier. La plaignante soutient que c’est le policier qui a mis sa main sur son pénis, alors que celui-ci affirme que c’est plutôt la plaignante qui a entrepris ce geste auquel il n’a pas consenti.

D’autres détails suivront.

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