La «fillette de Granby» s’était sauvée en pleine nuit la veille de sa mort

La belle-mère de la «fillette de Granby» est accusée de la séquestration et du meurtre de l’enfant. Elle a plaidé non coupable aux crimes qui lui sont reprochés et est détenue depuis son arrestation.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La belle-mère de la «fillette de Granby» est accusée de la séquestration et du meurtre de l’enfant. Elle a plaidé non coupable aux crimes qui lui sont reprochés et est détenue depuis son arrestation.

L’enfant désormais connue comme « la fillette de Granby » «s’était échappée» de chez elle en pleine nuit, quelques heures avant d’être retrouvée inanimée sur le plancher de sa chambre.

C’est ce qu’a rapporté lundi devant le tribunal Richard Samson, un voisin qui habite dans la maison située juste en face de celle de la petite fille de 7 ans.

Il témoignait ainsià la deuxième semaine du procès de la belle-mère de la fillette, accusée de sa séquestration et de son meurtre.

L’accusée de 38 ans, qui ne peut être identifiée sur ordre du tribunal, a plaidé non coupable aux crimes qui lui sont reprochés et est détenue depuis son arrestation. Son procès devant jury se déroule au palais de justice de Trois-Rivières.

M. Samson a raconté aux 14 jurés que l’on a sonné à sa porte vers 1 h 40 du matin, durant la nuit menant au matin du 29 avril 2019. Il pensait que son fils s’était embarré dehors.

Il s’est rapidement habillé et dirigé vers la porte d’entrée de sa maison. Il a rapporté avoir entendu des brindilles craquer ainsi que de petits cris. « Je ne savais pas c’était quoi », a-t-il dit.

Sorti sur son perron, il n’a vu personne. Mais il a entendu une voix dans la nuit, celle de l’accusée qui lui a lancé : « Ah, Richard, [nom de la fillette] s’est échappée de sa chambre. Ça fait 5 minutes que je cours après. » Sa voix était tremblotante— « fâchée, frustrée », ajouta-t-il» — et provenait de la galerie en face de chez lui.

Puis, il a aperçu une personne — qui ne peut être identifiée, par ordre du tribunal — qui ramenait l’enfant chez elle dans ses bras, en tentant de la rassurer. La petite « pleurnichait ». Il l’a entendue dire « maman ».

Puis, ils sont rentrés dans leur maison et « c’était tout », a conclut M. Samson.

La théorie de la Couronne est que la fillette est morte après avoir été entourée de papier adhésif.Les premiers répondants sont arrivés sur les lieux en fin de matinée le 29 avril après un appel au 911, et le décès de l’enfant a été prononcé à l’hôpital le lendemain.

Une maison déserte

Richard Samson est aussi le propriétaire de la maison où habitait l’accusée.

Il s’y est donc rendu à quelques occasions, pour faire signer le renouvellement du bail ou pour y effectuer des réparations, par exemple.

Il a décrit au jury que lorsqu’il y allait après avoir avisé de l’heure de son passage, la résidence était déserte. D’ailleurs, il l’a décrite comme une maison « sans vie », avec les fenêtres fermées et les rideaux toujours tirés. « J’ai noté ça à quelques reprises. »

Il voyait rarement les enfants jouer dehors.

« On trouvait pas ça normal parce qu’on leur avait donné une balançoire et il y avait un beau grand terrain à l’arrière, tout boisé. »

À noter que des interdits de publication empêchent les journalistes de révéler l’identité de l’accusée ainsi que celle d’autres personnes qui témoigneront. Certains éléments de preuve qui seront révélés lors du procès ne pourront pas non plus être rapportés dans l’immédiat.

Le procès, qui doit durer au moins 6 semaines, se poursuit à huis clos pour la durée du prochain témoignage. Le public et les journalistes sont donc exclus de la salle d’audience.

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