Le cabinet de Trudeau s’engage à fournir tous les documents sur les pensionnats

De nombreuses communautés autochtones ont signalé qu’elles avaient elles aussi localisé des tombes non marquées près d’anciens pensionnats, avec la même technologie de radar à pénétration de sol utilisée à Kamloops.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir De nombreuses communautés autochtones ont signalé qu’elles avaient elles aussi localisé des tombes non marquées près d’anciens pensionnats, avec la même technologie de radar à pénétration de sol utilisée à Kamloops.

Le cabinet du premier ministre canadien soutient qu’«au meilleur de sa connaissance», il a fourni tous les dossiers concernant les pensionnats pour Autochtones au Centre national pour la vérité et la réconciliation.

Le cabinet de Justin Trudeau a indiqué dans une déclaration écrite qu’il avait fourni plus de quatre millions de documents au Centre. S’il y en avait d’autres, le cabinet «fera tout son possible» pour s’assurer de les remettre à toutes les parties à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, assure-t-on.

Plus tôt cette semaine, le Centre national pour la vérité et la réconciliation, établi à Winnipeg, a indiqué qu’il attendait toujours qu’Ottawa fournisse les documents utilisés dans le processus d’évaluation des demandes d’indemnisation pour les abus commis dans les pensionnats. Pourtant, M. Trudeau soutenait que tous les dossiers fédéraux avaient été déposés.

En marge d’une rencontre avec des dirigeants de la communauté Tk’emlúps te Secwepemc, des survivants des pensionnats et de leurs familles, à Kamloops, en Colombie-Britannique, M. Trudeau a soutenu que le gouvernement fédéral avait, «à notre connaissance», déjà fourni tous ses documents au Centre et qu’il continuerait à s’assurer qu’il n’en manquait pas.

Le Centre affirme qu’il n’a pas reçu non plus des documents de Bibliothèque et Archives Canada et qu’il négocie toujours avec Ottawa au sujet de l’accès à des documents depuis la création de la Commission de vérité et réconciliation, en 2015. Il s’agit notamment de documents générés à partir de la base de données utilisée dans le processus de résolution des demandes d’indemnisation.

La visite de M. Trudeau à Kamloops était sa première depuis que la nation Tk’emlúps te Secwepemc a annoncé, en mai, que plus de 200 tombes non marquées avaient été localisées sur le site de l’ancien pensionnat fédéral. Depuis ce temps, de nombreuses communautés autochtones ont signalé qu’elles avaient elles aussi localisé des tombes non marquées près d’anciens pensionnats, avec la même technologie de radar à pénétration de sol utilisée à Kamloops.

Dans une lettre envoyée jeudi au premier ministre, les députées néo-démocrates Niki Ashton et Leah Gazan l’exhortent à fournir immédiatement au Centre tous les dossiers fédéraux, affirmant que ce serait «un petit pas vers une réelle justice».

«Les Autochtones, et tous les Canadiens, méritent d’avoir un portrait fidèle de l’ampleur des crimes commis par le Canada contre les Autochtones en raison du système des pensionnats», écrivent-elles.

À voir en vidéo