Les droits des femmes autochtones mis de l’avant à la Marche mondiale des femmes

La pression de la pandémie exercée sur les communautés autochtones et la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette ont amené la CQMMF à mettre davantage en lumière les demandes concernant les femmes autochtones au cours des événements de clôture.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La pression de la pandémie exercée sur les communautés autochtones et la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette ont amené la CQMMF à mettre davantage en lumière les demandes concernant les femmes autochtones au cours des événements de clôture.

Plusieurs rassemblements étaient prévus dimanche après-midi au Québec pour clôturer la 5e action de la Marche mondiale des femmes (MMF). Cette journée met de l’avant le respect des droits des femmes et des filles autochtones.

Elle est l’une des cinq grandes revendications portées par la Coordination du Québec de la MMF (CQMMF) au cours des derniers mois. Le regroupement féministe demande notamment des mesures concrètes pour protéger le quotidien des femmes autochtones.

« On souhaite que les forces policières cessent leur pratique de profilage racial et d’interpellations policières. On souhaite qu’il y ait une réparation pour les stérilisations forcées », a mentionné la coordonnatrice générale du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, Marie-Andrée Gauthier.

La pression de la pandémie exercée sur les communautés autochtones et la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette ont amené la CQMMF à mettre davantage en lumière ces demandes concernant les femmes autochtones au cours des événements de clôture, a expliqué Mme Gauthier, aussi l’une des porte-parole de la MMF au Québec.

Avec la vague de féminicides qui frappe le Québec depuis plusieurs mois, les violences faites aux femmes ont aussi occupé une place dans les revendications du regroupement national. La CQMMF veut notamment que le gouvernement contribue à l’élimination de toutes les formes de violence faites aux femmes avec le déploiement d’une campagne nationale de sensibilisation en partenariat avec des organismes d’action communautaire autonome. Elle réclame aussi une hausse de financement de ces organismes qui offrent des services aux femmes.

« Quand le gouvernement propose des solutions, qu’elles enrayent le problème à la racine et que ce ne soit pas seulement un “plaster” sur différents maux que vivent les femmes. On veut des changements systémiques », a soutenu Mme Gauthier.

Le slogan international de la MMF « Résistons pour vivre — Marchons pour transformer » prend d’ailleurs tout son sens au Québec qui a connu 16 féminicides depuis le début de l’année, a souligné Mme Gauthier.

La CQMMF revendique également des ressources suffisantes pour permettre l’intégration économique et sociale des femmes migrantes et immigrantes. Elle réclame aussi une hausse immédiate du salaire minimum à 15 $ de l’heure pour contrer la pauvreté.

« Pendant la pandémie, on a vu que c’était davantage de femmes qui travaillaient dans les services dits essentiels et dans des conditions de travail et salariales inacceptables », a fait valoir Mme Gauthier.

En matière d’environnement, le regroupement féministe exige des décideurs des mesures d’accès à l’eau potable et à une alimentation de qualité à un prix accessible « en adaptant une agriculture de proximité intégrant des principes de l’agroécologie et d’économie circulaire ».

Toutes ces revendications, qui sont le fruit de consultations, avaient été portées à l’attention de la ministre québécoise responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, en mars 2020. Toutefois, la CQMMF n’a eu depuis aucun suivi ni engagement concret en réponse à ses demandes, déplore Marie-Andrée Gauthier. Le regroupement, qui rassemble plus de 40 organisations, a l’intention de revenir à la charge auprès de Mme Charest et de rencontrer les différents partis politiques.

La Marche mondiale des femmes 2020 au Québec devait avoir lieu l’automne dernier, à Terrebonne. Mais en raison de la pandémie, l’événement a été repoussé cette année et remplacé par plusieurs activités dans différentes régions.

La MMF a pris naissance au Québec en 2000 à la suite de la marche « Du pain et des roses », tenue cinq ans auparavant à l’initiative de l’ex-politicienne Françoise David pour dénoncer la pauvreté chez les femmes. Aujourd’hui, la MMF est soulignée sur les cinq continents.

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