Une première livraison d’eau potable à Iqaluit

Les résidents ont continué à aller puiser de l’eau à la rivière Sylvia Grinnell, y compris des bénévoles qui fournissent de l’eau aux voisins, aux aînés et aux personnes sans véhicule.
Photo: Emma Tranter La Presse canadienne Les résidents ont continué à aller puiser de l’eau à la rivière Sylvia Grinnell, y compris des bénévoles qui fournissent de l’eau aux voisins, aux aînés et aux personnes sans véhicule.

La première livraison d’eau potable est arrivée par avion jeudi à Iqaluit, où l’eau a été jugée mardi non potable et potentiellement contaminée par du pétrole.

La capitale du Nunavut a commandé 80 000 litres d’eau et des bidons de quatre litres ont été distribués à la petite communauté d’environ 8000 personnes. La Ville indique dans un communiqué que les résidents recevront un maximum de quatre bidons réutilisables par ménage et elle exhorte les citoyens à les conserver pour un usage futur.

Les autorités municipales ont prévenu mardi les habitants de ne pas boire l’eau du robinet, car une odeur de carburant avait été détectée à l’usine de traitement des eaux. La Ville a par la suite déclaré l’état d’urgence.

Agnico Eagle, qui exploite plusieurs mines sur le territoire, a indiqué qu’elle acheminera à Iqaluit 15 000 litres d’eau sur un vol cargo qui doit atterrir vendredi.

Pendant ce temps, les résidents ont continué à aller puiser de l’eau à la rivière Sylvia Grinnell, y compris des bénévoles qui fournissent de l’eau aux voisins, aux aînés et aux personnes sans véhicule.

Des échantillons d’eau d’Iqaluit ont été envoyés à un laboratoire « au sud » pour analyse ; on devrait connaître les résultats dans les prochains jours.

Pas d’impacts sur la santé ?

Un professeur de l’Université de la Saskatchewan qui a travaillé à Iqaluit affirme que toute présence de carburant dans l’eau potable est évidemment dangereuse, mais que sa consommation à court terme ne sera pas nécessairement dangereuse pour la santé.

Steven Siciliano, microbiologiste et toxicologue qui a mené des recherches dans le Nord, affirme que la Ville a fait ce qu’il fallait en avertissant ses résidents dès qu’elle a détecté l’odeur de carburant. Il souligne que les analyses régulières de l’eau d’Iqaluit tentent de repérer la présence de bactéries, pas des hydrocarbures, et il estime que la Ville ne devrait pas être blâmée pour cette situation.

M. Siciliano souligne que le nez humain est « incroyablement sensible » aux hydrocarbures, ce qui signifie que les citoyens peuvent sentir une quantité très faible.

Il affirme qu’une exposition à long terme aux composés dans l’essence pourrait être « très risquée », mais que le fait de l’avoir consommé pendant environ une semaine ne fera probablement pas beaucoup de torts. « Ce n’est pas comme si, en buvant une tasse d’eau, vous seriez empoisonné pour le reste de votre vie », a expliqué M. Siciliano.

Le microbiologiste et toxicologue soutient toutefois que la situation est urgente et qu’une solution devait être trouvée dès que possible. En attendant, par contre, on pourrait selon lui installer des « dispositifs d’aération » de l’eau, qui permettent aux produits chimiques organiques volatils de passer de l’eau à l’air.

« Si vous pouvez y faire passer beaucoup d’eau, vous pouvez la débarrasser de ces contaminants volatils », a-t-il expliqué.

Cet article a été rédigé avec le soutien financier des Bourses de Facebook et La Presse canadienne pour les nouvelles.

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