Les services aux personnes handicapées se heurtent à des obstacles bureaucratiques

Pour la députée libérale Jennifer Maccarone, les mésaventures de l’éducatrice Mélanie Deveault (à droite sur notre photo), qui tente depuis des années de mettre en place un centre d’aide pour les jeunes autistes en Montérégie, illustrent les failles de la machine gouvernementale dans les services aux personnes handicapées.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Pour la députée libérale Jennifer Maccarone, les mésaventures de l’éducatrice Mélanie Deveault (à droite sur notre photo), qui tente depuis des années de mettre en place un centre d’aide pour les jeunes autistes en Montérégie, illustrent les failles de la machine gouvernementale dans les services aux personnes handicapées.

Un centre de répit pour jeunes autistes et leurs proches dont la réalisation est compromise. Un projet d’hébergement pour personnes trisomiques qui se heurte à des obstacles bureaucratiques. Les services aux personneshandicapées s’éparpillent entre une série de ministères et souffrent d’un manque de cohésion, déplorent des intervenants.

« Les personnes handicapées tombent entre deux chaises », fait valoir la députée libérale Jennifer Maccarone.

Pour elle, les mésaventures de l’éducatrice Mélanie Deveault, qui tente depuis des années de mettre en place un centre d’aide pour les jeunes autistes en Montérégie, illustrent les failles de la machine gouvernementale. Le Devoir a rapporté samedi dernier que quatre ministères (Santé et Services sociaux, Éducation, Famille, ainsi que Travail, Emploi et Solidarité sociale) se renvoient la balle au sujet de ce projet hors de l’ordinaire, qui ne cadre avec aucun programme gouvernemental.

Nos sources indiquent que le projet témoigne de bonnes intentions, mais comporte des lacunes administratives. Le projet en question peut sans doute être amélioré, mais la députée Jennifer Maccarone déplore qu’il soit rejeté par la machine gouvernementale, compte tenu des besoins immenses auxquels font face les personnes autistes.

« Je peux en parler, du désert de services. Je reçois presque chaque semaine des témoignages de parents dont les enfants se font expulser de l’école. C’est inacceptable », dit l’élue libérale, mère de deux enfants autistes.

Jennifer Maccarone constate qu’au moins une demi-douzaine de ministères et d’organismes offrent des programmes pour les personnes handicapées. Elle réclame la création d’un guichet unique pour mettre de l’ordre dans ces services.

La députée rappelle que la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, avait montré du doigt un manque de cohésion du gouvernement, en novembre 2020 : « Le leadership est insuffisant pour assurer la coordination des services nécessaire à l’intégration en emploi des jeunes personnes handicapées, ce qui compromet la progression de certains jeunes vers le marché de l’emploi », avait-elle indiqué.

Aide aux adultes trisomiques

Les soins aux personnes handicapées plus âgées donnent aussi lieu à des déceptions. Un projet de résidence et de centre de recherche pour les personnes trisomiques se heurte à de la résistance du gouvernement.

Sylvain Fortin, père d’un garçon de 24 ans atteint de trisomie 21, tente en vain depuis des années d’établir son projet à Terrebonne, dans la couronne nord de Montréal. « On assiste à l’émergence de la première génération de personnes âgées vivant avec une trisomie 21. Le Québec n’est pas préparé pour faire face à ce phénomène nouveau. Les parents se demandent tous : “Qu’est-ce qui va arriver à mon enfant quand je ne serai plus là ?” » explique le père de famille.

La maison Anne et Charles de Gaulle (du nom de la fille trisomique du défunt homme d’État français) permettrait aux adultes trisomiques de cohabiter avec leurs parents vieillissants et d’y demeurer une fois orphelins. L’endroit offrirait notamment 80 placesd’hébergement parents/enfant, un centre de jour et un pôle d’enseignement et de recherche.

On assiste à l’émergence de la première génération de personnes âgées vivant avec une trisomie 21. Le Québec n’est pas préparé pour faire face à ce phénomène nouveau. Les parents se demandent tous : “Qu’est-ce qui va arriver à mon enfant quand je ne serai plus là ?”

« Le Québec est réputé pour avoir un des meilleurs systèmes de santé et de services sociaux du monde, mais les adultes qui vivent avec une trisomie 21 sont des oubliés du système », dit Sylvain Fortin.

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