La DPJ cherche 50 nouvelles familles d’accueil sur l’île de Montréal

Les familles d’accueil doivent s’attendre à laisser partir l’enfant au bout de quelques mois et à vivre un deuil, a relaté la directrice de la protection de la jeunesse du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Assunta Gallo.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les familles d’accueil doivent s’attendre à laisser partir l’enfant au bout de quelques mois et à vivre un deuil, a relaté la directrice de la protection de la jeunesse du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Assunta Gallo.

Le besoin de familles d’accueil dans la métropole québécoise demeure « criant » alors que leur nombre diminue. La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Montréal lance un appel afin d’en recruter 50 nouvelles.

Ce nombre semble petit, mais il représente un travail important pour l’organisation, qui sélectionne 11 à 15 nouvelles familles chaque année, a souligné la directrice adjointe du programme jeunesse au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Nadine Thiffault, mercredi en conférence de presse.

Les besoins se retrouvent dans tous les groupes d’âge de 0 à 18 ans et dans les différents quartiers et communautés culturelles de l’île. « Nous avons des besoins à court et moyen terme, en situation d’urgence. Nous avons des besoins pour différents types de familles ; des personnes seules ou en couple », a détaillé Mme Thiffault.

La DPJ souhaite aussi trouver des ménages de différentes religions et cultures afin de pouvoir correspondre aux identités des jeunes. Des couples de même sexe peuvent également poser leur candidature.

Flexibilité, disponibilité et organisation

Le processus de sélection se décline en diverses étapes, qui s’étalent sur plusieurs mois. Les familles candidates doivent notamment passer des entrevues et un test de compétences. Leurs capacités relationnelles et caractéristiques personnelles sont aussi évaluées par la DPJ.

Les familles doivent aussi respecter différents critères notamment liés à l’espace disponible dans leur résidence. Certaines dérogations sont possibles selon les cas, mais « il faut minimalement une chambre avec une certaine grandeur », a mentionné Mme Thiffault.

Être une famille d’accueil demande aussi de la flexibilité, de la disponibilité et une bonne organisation en raison des nombreux intervenants qui gravitent autour des enfants, a-t-elle ajouté.

L’île de Montréal compte actuellement 700 familles d’accueil. Au fil des années, plusieurs se sont retirées en raison notamment d’un déménagement, du rôle jugé trop difficile ou d’un départ à la retraite, a indiqué Mme Thiffault.

Malgré le besoin de 50 nouvelles familles, aucun enfant n’est en attente, mais certains ne se trouvent pas dans « un jumelage optimal » pour leurs besoins, a expliqué Mme Thiffault.

La DPJ se tourne par ailleurs de plus en plus vers les proches des enfants. « On grossit de plus en plus ce type de bassin qu’on appelle des familles d’accueil de proximité », a mentionné Mme Thiffault.

Une famille temporaire

Les familles d’accueil doivent s’attendre à laisser partir l’enfant au bout de quelques mois et à vivre un deuil, a relaté la directrice de la protection de la jeunesse du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Assunta Gallo.

« Être une famille d’accueil signifie de composer avec un enfant qui vient chez toi temporairement. Tu lui ouvres ton cœur et ta famille, et peut-être après six mois, l’enfant quitte », a mentionné Mme Gallo, en soulignant l’importance des familles d’accueil dans le développement des jeunes en difficulté.

Venu témoigner de son expérience comme famille d’accueil depuis cinq ans, Toussaint Bruny a reconnu que le départ d’un enfant crée un vide, mais il a le sentiment du devoir accompli chaque fois. « C’est la santé physique et morale de l’enfant avant tout. Pendant ces six mois, j’ai fait ma part, maintenant c’est à quelqu’un d’autre de faire sa part », a-t-il analysé, qui a accueilli cinq jeunes jusqu’à maintenant.

Il a mentionné qu’être une famille d’accueil demande beaucoup de discipline et d’amour, ainsi qu’une routine pour sécuriser les enfants.

Elle-même passée à deux reprises par une famille d’accueil, Nancy Audet s’est montrée reconnaissante d’avoir eu cette « chance ». « J’ai compris que ces placements m’avaient permis de reprendre mon souffle alors que je traversais de grandes périodes de violence et de souffrance », a affirmé la marraine de la Fondation du centre jeunesse de Montréal.

Mme Audet a préparé une série télé qui montrera la réalité de cinq familles d’accueil. Elle sera diffusée à compter de la fin octobre sur la chaîne Moi et Cie.

Les personnes intéressées à devenir une famille d’accueil pour la DPJ de Montréal peuvent appeler au 514 356-5435.

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