Face à la grève dans les CPE, la ministre LeBel défend son offre

La ministre Sonia LeBel fait valoir que la hausse de la rémunération pourrait atteindre 17% dans certains cas. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre Sonia LeBel fait valoir que la hausse de la rémunération pourrait atteindre 17% dans certains cas. 

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, défend son offre aux éducatrices dans les CPE, alors que la grève tournante s’est poursuivie pour une deuxième journée pour les intervenantes en petite enfance syndiquées à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ).

Les travailleuses des Centres de la petite enfance (CPE) qui sont membres d’un syndicat de la FIPEQ, affiliée à la CSQ, manifestent d’ailleurs mercredi, à Lévis et à Rouyn-Noranda, comme la veille dans d’autres villes.

Il s’agit de la deuxième journée d’une grève tournante ne touchant que certaines régions à la fois. Le mandat de grève qui a été adopté en compte six.

Et jeudi et vendredi, ce seront les syndiquées de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, qui débraieront à leur tour. Dans leur cas, il s’agira d’une deuxième et d’une troisième journée de grève. Et il ne s’agit pas d’une grève tournante pour elles.

L’enjeu de la rémunération

À l’heure actuelle, une éducatrice qualifiée en CPE gagne 19 $ l’heure au premier échelon et jusqu’à 25,18 $ l’heure au dixième et dernier échelon.

La ministre LeBel affirme que l’offre gouvernementale porterait la rémunération à 21,38 $ au premier échelon et à 28,31 $ au dixième et dernier échelon.

Mais comme il manque d’éducatrices, un allongement de la semaine de travail est aussi proposé par le gouvernement du Québec, soit une semaine de 40 heures.

En ce moment, comme les horaires sont établis localement, ils varient de 32 à 36 heures par semaine, a expliqué en entrevue mercredi Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ.

Advenant une semaine de travail de 40 heures, l’offre gouvernementale ferait passer la rémunération à 22,27 $ au premier échelon et à 29,20 $ au dixième échelon, a souligné la ministre LeBel.

La ministre a justifié l’allongement proposé de la semaine de travail en affirmant que cela avait aussi été fait pour d’autres catégories de travailleurs, notamment les préposés aux bénéficiaires et les infirmières.

Quelle augmentation ?

Mme Grenon évalue plutôt l’offre gouvernementale à 12 % d’augmentation sur trois ans et pour les éducatrices qualifiées seulement. L’ensemble des travailleuses dans les CPE toucheraient des augmentations de 2 % par année pendant trois ans, comme pour les autres travailleurs des secteurs public et parapublic. On pense ici à celles qui travaillent dans les cuisines et à l’entretien.

À ces 6 % sur trois ans, Québec ajouterait 6 % la dernière année « mais seulement pour les éducatrices formées », insiste Mme Grenon. On arrive donc à 12 % dans leur cas.

Mais la ministre LeBel parle d’« augmenter considérablement le salaire des éducatrices » grâce à son offre. Elle fait valoir que la hausse de la rémunération pourrait atteindre 17 % dans certains cas. « C’est une offre gouvernementale significativement plus élevée » a-t-elle réitéré, en point de presse mercredi midi.

« C’est faux son 17 % », réplique Mme Grenon. Elle fait valoir que le passage de 12 % à 17 % vient « dans les faits d’un 50 $ en montant forfaitaire qu’ils remettent aux éducatrices qui accepteraient de faire 40 heures par semaine » et plus.

La négociation reprend

Le dialogue est loin d’être rompu ; les négociations vont reprendre jeudi avec la FIPEQ. « On n’est pas découragé, parce qu’on sait qu’on a l’appui de la population. On va se tenir debout », lance Mme Grenon.

« Ils veulent ouvrir des CPE, et bien ça va prendre des intervenantes » pour y travailler. Et pour attirer de la main-d’œuvre, il va falloir améliorer les conditions de travail, fait valoir la dirigeante syndicale. « Il ne reste que le monétaire » à régler.

La ministre LeBel assure que c’est exactement ce qu’elle veut faire. « Il y a un rattrapage salarial important à faire. C’est pourquoi en juillet nous avons déposé une offre comprenant des augmentations salariales allant jusqu’à 17 % », maintient-elle.

Il reste à la FIPEQ cinq jours de grève à exercer. La fédération de la CSQ décidera, à l’issue de sa journée de négociation jeudi, si elle fixe d’autres journées de grève ou bien si les progrès à la table paraissent suffisants à ses yeux. « S’il faut qu’on les utilise pour augmenter la pression, on va le faire », prévient-elle.

Autres grèves à la FTQ

Par ailleurs, une grève générale illimitée a commencé, mercredi matin, dans deux CPE rattachés au syndicat des Métallos, affilié à la FTQ. Il s’agit des CPE Au Jardin de Pierrot à Rouyn-Noranda et Touchatouille à Port-Cartier.

De même, les travailleuses dans les CPE qui sont membres du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), aussi affilié à la FTQ, débraieront les 18 et 19 octobre. Elles ont voté en faveur d’un mandat de 10 jours de grève.

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