En grève dans le sud du Québec, des éducatrices en CPE manifestent

Une éducatrice et les enfants dont elle s'occupe passent devant le cortège de ses collègues manifestantes, dans le quartier Centre-Sud, à Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Une éducatrice et les enfants dont elle s'occupe passent devant le cortège de ses collègues manifestantes, dans le quartier Centre-Sud, à Montréal.

Les éducatrices en petite enfance syndiquées à la CSQ ont manifesté mardi à Montréal alors qu’elles tenaient leur première journée de grève tournante.

Les Centres de la petite enfance (CPE) dont les travailleuses sont membres d’un syndicat de la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), ont été touchés mardi par une grève dans la grande région de Montréal, c’est-à-dire à Montréal, Laval, Lanaudière et en Montérégie, ainsi qu’en Estrie.

Mercredi, ce sont les régions de Québec, Chaudière-Appalaches et de l’Abitibi qui seront concernées par la grève tournante de la FIPEQ, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

S’adressant aux manifestantes rassemblées devant un édifice gouvernemental qui abrite plusieurs ministères, la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, a dit craindre que les éducatrices dans les CPE soient désormais tenues de faire des heures supplémentaires obligatoires, comme c’est le cas pour les infirmières, tant il manque de personnel.

Le réseau des services de garde est aux prises avec une pénurie d’éducatrices et la rémunération y est pour beaucoup, a fait valoir la dirigeante syndicale.

À l’heure actuelle, une éducatrice qualifiée touche 19 $ l’heure au premier échelon et peut atteindre 25 $ l’heure au 10e et dernier échelon salarial.

La fédération de la Centrale des syndicats du Québec revendique des augmentations plus importantes pour les plus bas salariés. Ainsi, elle demande des augmentations totalisant 27 % sur trois ans pour le premier échelon et totalisant 21 % sur trois ans pour le dernier échelon.

Appui des partis d’opposition

Présente à la manifestation, Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois pour ces dossiers, a appuyé les grévistes.

« Votre cause, c’est la cause de toutes les femmes du Québec, c’est la cause de tous les parents, c’est la cause pour l’égalité homme-femme, c’est la cause pour le développement de nos tout-petits, c’est la cause pour la conciliation famille-travail, c’est la cause pour le développement du Québec social et économique », a-t-elle lancé.

Aussi présent, Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, a tracé un parallèle entre la grève des éducatrices en CPE et la grève étudiante qu’il a menée avec d’autres représentants étudiants, il y a 10 ans.

« J’ai fait partie de centaines de milliers de jeunes Québécois qui se sont mobilisés ici pour un projet de société basé sur l’égalité des chances et la justice sociale », a-t-il lancé aux manifestantes.

À son tour, Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle pour ces dossiers, a promis de ne laisser passer aucune occasion de questionner le gouvernement Legault au sujet du sort des éducatrices en CPE.

« Le combat que vous menez est excessivement important. C’est pour nos tout-petits ; les parents vous appuient. C’est important de faire un rattrapage. On vous supporte sans réserve », a-t-il affirmé.

Après la sortie de la FIPEQ-CSQ, ce sera au tour des autres syndicats d’éducatrices de débrayer au cours des jours suivants. Déjà, des syndiquées de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ont annoncé qu’elles seront en grève à leur tour les 14 et 15 octobre.

Puis, des travailleuses de services de garde du Syndicat québécois des employées et employés de service, affilié à la FTQ, vont tenir leurs propres journées de grève les 18 et 19 octobre.

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