Davantage d’enfants en attente de services de la DPJ qu’en 2019-2020

«On n’a jamais vu des listes d’attente si élevées à Montréal, mais également dans d’autres régions. Ça s’explique par le fait qu’on avait eu des hausses des signalements les autres années, mais également par le fait qu’on a une pénurie de main-d’œuvre», explique Assunta Gallo.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir «On n’a jamais vu des listes d’attente si élevées à Montréal, mais également dans d’autres régions. Ça s’explique par le fait qu’on avait eu des hausses des signalements les autres années, mais également par le fait qu’on a une pénurie de main-d’œuvre», explique Assunta Gallo.

Bien que les Directions de la protection de la jeunesse (DPJ) de Montréal rapportent une baisse des signalements par rapport à l’année dernière, les listes d’attente s’allongent, notamment en raison du manque d’intervenants.

Un total de 741 enfants sont en attente pour des besoins de protection sur le territoire de la métropole québécoise. Un nombre « extrêmement préoccupant » pour la directrice de la DPJ du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Assunta Gallo.

« On n’a jamais vu des listes d’attente si élevées à Montréal, mais également dans d’autres régions. Ça s’explique par le fait qu’on avait eu des hausses des signalements les autres années, mais également par le fait qu’on a une pénurie de main-d’œuvre », a-t-elle exposé en conférence de presse, mercredi.

La directrice de la DPJ au CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal, Linda See, a relaté que l’embauche d’intervenants pourrait « rapidement » aider à réduire sa liste d’attente.

Beaucoup d’efforts sont mis pour le recrutement et la rétention de personnel, a mentionné Mme Gallo. Une cinquantaine de postes sont à combler à Montréal pour répondre à la demande.

Baisse des signalements

En ce qui concerne les signalements, les DPJ de la métropole en ont traité plus de 15 000 entre avril 2020 et mars 2021, selon leur bilan annuel publié mercredi. Une baisse de 3 % qui pourrait s’expliquer par le confinement en début de pandémie, a indiqué Mme Gallo.

À ses yeux, cette diminution ne signifie pas pour autant que la situation s’améliore. « Le moment où les milieux scolaires ont [r]ouvert, on voit une hausse des signalements. Est-ce qu’on va reprendre les mêmes tendances que les années précédentes ? Ça reste à voir encore », a-t-elle analysé.

Les cas de mauvais traitements psychologiques ont toutefois connu une hausse à Montréal, avec 1821 signalements retenus, contre 1654 l’année précédente. Et dans 75 % de ces cas, les enfants sont exposés à de la violence conjugale, a mentionné Mme Gallo.

Faisant référence aux 14 féminicides survenus au Québec depuis le début de l’année, Assunta Gallo veut s’attarder à ce phénomène qui touche des mères d’enfants, en misant sur la prévention.

Dans l’ensemble du Québec, le nombre de signalements a quelque peu descendu pour atteindre 117 904, en comparaison à 118 316 en 2019-2020. Une baisse importante du nombre de signalements a été constatée au cours des premiers mois de la pandémie. Le nombre de dossiers traités a toutefois connu une hausse de 2,7 % pour totaliser 44 728.

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