Gilbert Rozon nie avoir agressé sexuellement Patricia Tulasne et lui réclame 150 000$

L’ex-magnat de l’humour Gilbert Rozon nie avoir agressé sexuellement la comédienne Patricia Tulasne et la poursuit à son tour pour 150 000 $. Il soutient avoir eu plutôt une relation intime « passionnelle » et « consentante » avec elle.

« [Patricia Tulasne] a complètement déformé la réalité d’une simple aventure survenue il y a plus ou moins 27 ans, mettant tous les problèmes vécus dans sa vie personnelle et professionnelle sur le dos de [Gilbert Rozon] », peut-on lire dans une contre-poursuite rendue publique vendredi.

Après avoir essuyé un revers avec Les Courageuses, la comédienne Patricia Tulasne a intenté en avril dernier une poursuite civile de 1,6 million de dollars contre le fondateur de Juste pour rire. Elle l’accuse de l’avoir « brutalement violée » en 1994. L’agression présumée serait survenue à la suite d’un souper au restaurant Le Piémontais avec plusieurs acteurs du Dîner de cons, une pièce de théâtre où elle tenait un rôle et qui était présentée au festival Juste pour rire.

Jusqu’en novembre 2020, Mme Tulasne a été la porte-parole des Courageuses, un regroupement d’une vingtaine de femmes affirmant avoir été agressées par Gilbert Rozon entre 1982 et 2016. La force du nombre n’avait cependant pas réussi à ébranler les colonnes de la justice : la Cour suprême avait rejeté leur requête d’appel, ce qui avait mis fin à leur démarche.

Ni Gilbert Rozon ni Patricia Tulasne n’ont souhaité commenter davantage la procédure.

Attitude « charmeuse »

C’est la première fois que M. Rozon donne sa version des faits concernant ces allégations. Il confirme donc avoir eu une relation sexuelle avec Mme Tulasne en 1994, mais « conteste vigoureusement » l’avoir violée. Il avance même que la comédienne avait une « attitude charmeuse » à son égard.

« Cette unique relation intime était passionnelle et entre deux adultes consentants, ou du moins, c’est ce que [Patricia Tulasne] a laissé croire à [Gilbert Rozon] », est-il mentionné.

Selon M. Rozon, Mme Tulasne a changé sa version de cette soirée à la suite de l’éclatement du mouvement #MoiAussi en octobre 2017. Il note que, lors de sa première entrevue, Mme Tulasne a elle-même dit qu’il ne s’agissait pas d’un viol.

Il accuse la comédienne d’avoir voulu profiter de l’attention médiatique et d’avoir modifié sa version des faits pour en arriver « à une histoire grave et sordide d’agression sexuelle ».

Mme Tulasne est d’ailleurs revenue sur cette entrevue accordée à l’époque à Radio-Canada dans sa poursuite. Craignant d’être poursuivie en diffamation, la comédienne y explique ne pas avoir été capable à ce moment-là d’admettre avoir été violée, notamment parce qu’elle ne se serait pas assez démenée pour éviter l’agression.

M. Rozon réclame 150 000 $ en dommages, soulignant que la poursuite de Mme Tulasne est « sans fondement, mensongère, abusive et diffamatoire ».

Rappelons que trois autres femmes ont décidé d’emboîter le pas à Mme Tulasne depuis avril 2021, soit la réalisatrice Lyne Charlebois, qui lui réclame 1,7 million, l’artiste Danie Frenette, qui demande 2,2 millions, et Annick Charette, qui lui réclame 1,3 million. Le fondateur de Juste pour rire a été acquitté en décembre dernier au terme d’un procès criminel portant sur le viol présumé de Mme Charette. Le procès se penchait sur des événements survenus il y a 40 ans à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

M. Rozon a aussi intenté en octobre 2020 une poursuite en diffamation de 450 000 $ contre les animatrices Julie Snyder et Pénélope McQuade, qui sont toutes deux revenues, dans l’émission La semaine des 4 Julie, sur ce qu’elles ont vécu.

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