La grande autonomie des garderies contribue au manque de places, selon la sous-ministre de la Famille

Sur les 20 000 demandes de places soumises au ministère ces derniers mois, seulement 35% provenaient des CPE.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Sur les 20 000 demandes de places soumises au ministère ces derniers mois, seulement 35% provenaient des CPE.

L’inefficacité de la liste d’attente de La Place 0-5 pour obtenir une place en garderie découle en partie de la trop grande autonomie des services de garde, selon la sous-ministre de la Famille, Julie Blackburn.

« Chaque service de garde est responsable de sa politique d’admission », a déclaré Mme Blackburn lors d’une audience en commission parlementaire, mercredi, au Parlement.

Mme Blackburn devait répondre aux questions des élus à la suite du rapport dévastateur que la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a publié en octobre 2020 sur La Place 0-5.

Ce rapport montrait qu’en un an, 30 000 enfants avaient obtenu une place en garderie sans être inscrits au registre, qui est pourtant supposé être le guichet unique des parents.

Dans son rapport, Mme Leclerc remarquait que les garderies avaient l’obligation de recruter les enfants sur La Place 0-5. Or, la sous-ministre plaide que l’article 4 de la loi sur les services de garde leur donne l’autonomie nécessaire pour s’y soustraire.

Le gouvernement devra changer la loi s’il souhaite changer la donne à cet égard, a-t-elle laissé entendre.

Ce n’est pas la première fois que l’autonomie des garderies est pointée du doigt pour expliquer l’incapacité du gouvernement à agir dans ce dossier. La semaine dernière, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe avait recouru à cet argument pour rejeter la proposition des libéraux sur une loi garantissant l’accès des petits québécois à un service de garde.

Le ministère a une volonté « inébranlable » d’améliorer l’accès aux services de garde, a fait valoir Mme Blackburn, qui est en poste depuis janvier 2020. « On travaille très fort », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement Legault s’est engagé à créer 37 000 nouvelles places en garderie au Québec et le ministre Lacombe doit déposer un projet de loi sur pour réformer le réseau cet automne.

   
 

Pas assez de projets en CPE

Questionnée sur le manque de places subventionnées parmi celles qui s’ajoutent, MmeBlackburn a dû reconnaître que le ministère aurait aimé recevoir davantage de propositions pour créer de nouvelles places en centre de la petite enfance (CPE), ces derniers mois.

La plupart des nouvelles places subventionnées sont dans des « installations existantes », or la pandémie a retardé les projets de bien des CPE ayant dû gérer la pandémie, a-t-elle expliqué.

Malgré l’ajout de délai et des allégements administratifs, le nombre de CPE à soumettre des projets a été inférieur aux attentes, a-t-elle poursuivi.

Ainsi, sur les 20 000 demandes de places soumises au ministère ces derniers mois, seulement 35 % provenaient des CPE. Même en les acceptant presque tous, seulement 59 % des 9000 quelques places offertes dans les plus récents appels de propositions étaient donc subventionnées.

Normalement, chaque région devrait avoir 85 % de places subventionnées. Or, certaines d’entre elles, comme le Bas-Saint-Laurent, sont loin sous ce seuil, à 71 %.

Pour compliquer les choses, le réseau est en outre confronté à une importante pénurie de personnel dans le réseau avec entre 10 000 et 13 000 poste d’éducatrices qualifiées à combler d’ici cinq ans.

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