Ray-Mont Logistiques craint pour la sécurité de ses employés

Le promoteur du projet industriel Ray-Mont Logistiques entend augmenter les mesures de sécurité sur le site qu’il souhaite développer dans l’est de l’île.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le promoteur du projet industriel Ray-Mont Logistiques entend augmenter les mesures de sécurité sur le site qu’il souhaite développer dans l’est de l’île.

Le promoteur du projet industriel Ray-Mont Logistiques entend augmenter les mesures de sécurité sur le site qu’il souhaite aménager dans l’est de l’île et presse la Ville de Montréal de condamner publiquement une « tentative d’incendie » et d’autres actes criminels qui auraient été commis dans les dernières semaines à cet endroit, menaçant la sécurité des employés de l’entreprise.

Des méfaits, des vols et d’autres « actes de violence » auraient été commis au cours des trois dernières semaines sur le site de 232 000 m² de l’entreprise, qui y a entamé des travaux préliminaires dans l’éventualité d’en faire une plateforme de transbordement de marchandises qui sera située près du port de Montréal et de la rue Notre-Dame. Cette situation tendue aurait culminé avec une tentative d’incendie criminel dans la nuit du 25 au 26 août, affirme le président-directeur général de Ray-Mont Logistiques, Charles Raymond.

« L’événement de la tentative d’incendie criminelle et la menace d’actes additionnels atteignent un échelon de gravité qui nous contraint à nous protéger adéquatement tant que ces individus seront libres de continuer ainsi », écrit l’entrepreneur dans une lettre de deux pages adressée mardi à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et au maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais. Le cabinet de ce dernier a confirmé au Devoir avoir reçu le document, mais n’a pas voulu commenter mardi.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le Service de police de la Ville de Montréal n’avait pu confirmer les détails entourant cette tentative d’incendie, qui aurait visé des « équipements de chantier ». Une lettre anonyme qui circule sur certains sites Web et rédigée à l’intention de M. Raymond fait toutefois état de « citoyens concernés » qui affirment, de façon anonyme, avoir entre autres incendié « une pelle mécanique » sur le site.

Charles Raymond constate ainsi que « la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs » qui œuvrent sur ce site sont « sérieusement compromises » par ces récents incidents, d’autant plus que les personnes responsables de ces méfaits seraient susceptibles de « récidiver ». L’entreprise, qui indique être en communication avec les forces policières, prévoit d’autre part de « restreindre les accès non autorisés » au site de son entreprise, où de nombreux citoyens opposés à ce projet industriel réclament plutôt l’aménagement d’un parc-nature depuis des années.

Un appel au calme

Charles Raymond presse en parallèle les deux élus municipaux visés par sa lettre de « condamner sans équivoque ces gestes criminels » commis au détriment « des citoyens de bonne foi » qui participent notamment à un groupe de travail mis en place dans les derniers mois pour limiter les répercussions éventuelles du projet industriel sur le voisinage. Selon l’entrepreneur, la Ville se doit, dans ce contexte, de « procéder à un appel au calme » et de s’assurer que les auteurs des actes commis seront sanctionnés.

« Nous condamnons évidemment tout acte de vandalisme », a réagi par écrit mardi soir le cabinet de la mairesse Valérie Plante, dans un message acheminé au Devoir. La Ville, qui fait l’objet d’une poursuite de 373 millions de dollars de la part de l’entrepreneur, pour avoir tenté en vain de s’opposer à la réalisation de ce projet industriel au cours des dernières années, entend cependant poursuivre ses efforts « pour préserver un maximum d’espaces verts » encore intacts dans ce secteur. Mme Plante a d’ailleurs rencontré des habitants du secteur vendredi dernier pour entendre leurs préoccupations, ajoute son cabinet.

Deux représentantes de Mobilisation 6600, un mouvement citoyen qui s’oppose depuis des années au projet de Ray-Mont Logistiques, ont d’ailleurs tenu à dissocier celui-ci des actes dénoncés par l’entreprise. Le groupe, assurent-elles, continue de privilégier la voie de la communication avec l’entreprise pour tenter de limiter les répercussions de ce projet sur les habitants de ce secteur.

« Ce que la mobilisation a toujours choisi comme manière de faire, c’est d’interpeller les élus, de participer aux instances et de favoriser les rencontres avec l’entreprise et les représentants de la Ville. C’est encore comme ça qu’on fonctionne », assure notamment la militante Anaïs Houde.

« Ce n’est pas du tout une bonne idée », opine par ailleurs Patricia Clermont, une autre membre de Mobilisation 6600, qui craint que la tentative d’incendie criminel sur le site de Ray-Mont Logistiques ait pour effet de « distraire » l’attention des autorités et des citoyens « des luttes » que mène son mouvement pour assurer la tranquillité du secteur et la préservation d’espaces verts.

Or, les gestes dénoncés par l’entreprise ne sont rien, de l’avis de Mme Houde, en comparaison des répercussions qu’aura ce projet industriel sur les résidents de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Les gens pleurent quand ils pensent que ce terrain sera complètement asphalté et qu’on n’y aura plus accès […] C’est cette violence-là qui est la plus grande », laisse tomber Mme Houde, au moment où une nouvelle manifestation contre ce projet industriel est prévue le 18 septembre.

Le Devoir n’a pu s’entretenir avec Charles Raymond, mardi soir.

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