Début des audiences de la coroner sur le CHSLD Herron

La coroner Géhane Kamel a déclaré que ce n’était pas son rôle de déterminer la responsabilité criminelle ou civile.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La coroner Géhane Kamel a déclaré que ce n’était pas son rôle de déterminer la responsabilité criminelle ou civile.

La désorganisation et les messages parfois contradictoires qui émanaient du CHSLD Herron ressortent de la journée d’audiences de la coroner Géhane Kamel sur les décès qui y sont survenus, lors de la première vague de la COVID-19.

L’enquête de la coroner porte sur les décès de personnes âgées et vulnérables survenus dans les milieux d’hébergement durant la pandémie. Mardi, elle se penchait sur la situation au CHSLD Herron, un établissement privé de Dorval, où 47 personnes sont mortes de la COVID-19 lors de la première vague de la pandémie, au printemps de 2020.

Les audiences sur ce CHSLD avaient été suspendues, à la demande de cette résidence, le temps qu’une enquête se poursuive à ce sujet. Finalement, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé de ne pas porter d’accusations criminelles dans ce dossier.

Le témoignage de la docteure Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal, a permis d’apprendre que le 3 avril, elle a reçu un message du docteur Richard Massé, de la Direction nationale de santé publique, évoquant une situation potentiellement problématique à Herron et soulevant la possibilité de prendre des mesures supplémentaires si la situation s’envenimait.

La docteure Drouin dit avoir alors interprété ce courriel comme un « signalement » qui rappelait l’« approche graduée » qui peut être prise, en invoquant un article de la Loi de la santé publique.

Son chef médical a ensuite pris le relais, puisque c’est le CIUSSS de l’Ouest de l’île de Montréal qui doit s’occuper du CHSLD sur son territoire, et non la Direction de la santé publique de Montréal qui couvre tout le territoire.

L’équipe du CIUSSS fait alors enquête, s’assure que tout est en place : désinfection et autres mesures.

Puis il indique qu’il n’a pas accès à la liste des employés qui ont été exposés à la COVID-19 et qui pourraient actuellement travailler dans d’autres établissements à Montréal.

Il a finalement reçu la liste. Le « plan d’action » élaboré par le CIUSSS lui semblait donc en bonne voie.

Un courriel de la direction du CIUSSS de l’Ouest de l’île fait référence au fait que « nous avons la situation sous contrôle. L’équipe du CIUSSS est sur place depuis plusieurs heures. Les résidents sont nourris, changés, mis au lit. »

À quelques reprises au cours du témoignage de la docteure Drouin, il a été question de problèmes d’accès aux listes d’employés qui ont été exposés, aux dossiers médicaux, et autres documents.

Le manque de personnel a aussi été soulevé, puisque le Centre d’hébergement et de soins de longue durée a été touché par un manque criant de personnel, comme les autres établissements du même type.

Plusieurs employés exposés ont dû être placés en isolement durant 14 jours, ce qui a contribué à aggraver la pénurie de personnel.

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