Les frontières canadiennes ouvrent aux voyageurs internationaux vaccinés

Un an et demi, c’est le temps que les touristes internationaux ont dû attendre avant de pouvoir mettre à nouveau le pied au Canada.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un an et demi, c’est le temps que les touristes internationaux ont dû attendre avant de pouvoir mettre à nouveau le pied au Canada.

Les voyageurs du monde entier peuvent entrer au Canada pour des raisons non essentielles depuis mardi, à condition d’être adéquatement vaccinés.

Bien qu’il estime que peu de ressortissants étrangers profiteront de l’occasion pour des raisons purement touristiques, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, s’attend à ce « qu’il y ait quand même beaucoup de gens qui vont vouloir venir, ne serait-ce qu’en ce qui concerne la réunification des familles ».

« Je pense que ça va être une bonne nouvelle pour l’économie de la région de Montréal, s’est-il réjoui. Ça va être bon pour les commerçants, pour les hôteliers et pour la restauration. »

La directrice des relations médias des Aéroports de Montréal, Anne-Sophie Hamel, a affirmé par courriel que « les derniers mois ont été extrêmement difficiles », mais que « l’ouverture des frontières canadiennes aux voyageurs internationaux entièrement vaccinés nous donne espoir en l’avenir ». Elle a indiqué que, pour le mois d’août, « nous devrions avoir récupéré environ 36 % du trafic de passagers pour le même mois par rapport à 2019 », et que ce taux devrait monter encore en septembre.

Pourtant, «les premières heures ne démontrent pas nécessairement qu’il y a eu un grand accroissement de volume» de passagers dans les aéroports, a indiqué le vice-président à la direction générale des voyageurs de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Denis Vinette, dans une entrevue téléphonique. Il a attribué cela au fait que les gens attendaient probablement «de s’assurer que les mesures allaient entrer en vigueur» avant de faire leurs préparatifs, et pense que des voyageurs supplémentaires devraient arriver «dans les jours à venir».

Après l’ouverture des frontières aux Américains adéquatement vaccinés, le 9 août dernier, le nombre d’entrées au pays par voie terrestre « a plus que doublé en une semaine », a affirmé M. Leblanc. Malgré cela, ce chiffre ne représentait encore qu’une fraction de ce qu’il était en 2019.

De plus, M. Leblanc s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre à laquelle l’industrie touristique est confrontée, puisque « qui dit augmentation de volume, dit en même temps difficulté à recruter ». Il cite le cas des hôtels qui, même avec un taux d’occupation deux fois plus bas qu’à l’habitude, peinent tout de même à trouver du personnel.

Il réclame que le gouvernement fédéral « continue d’aider le secteur de l’hôtellerie et le secteur de la restauration durant tout l’automne ». Il pense aussi qu’il faut signaler « à la main-d’œuvre que ces secteurs-là sont ouverts pour de bon », étant donné que l’insécurité avait fait fuir de nombreux employés, ainsi qu’« attirer des travailleurs étrangers ».

Quatrième vague

Un an et demi, c’est le temps que les touristes internationaux ont dû attendre avant de pouvoir mettre à nouveau le pied au Canada. Le premier ministre Justin Trudeau avait ordonné la fermeture des frontières le 18 mars 2020, au début de la première vague de la pandémie, sauf pour les voyageurs essentiels et le transport de marchandises.

L’allègement frontalier de mardi survient alors que le Canada entre dans une quatrième vague, propulsée par le très infectieux variant Delta. À la mi-août, environ 9 cas de COVID-19 sur 10 étaient dus à un variant, d’après les données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Interrogé lundi à propos des risques de propagation liés aux visiteurs étrangers, le premier ministre Justin Trudeau a répliqué lors d’une conférence de presse que « cette vague affecte principalement les personnes non vaccinées », qui ne seront de toute façon pas autorisées à entrer au Canada. « Presque 80 % des Canadiens ont fait ce qu’ils devaient faire et se sont fait vacciner, et maintenant ils s’attendent à un retour à la normale et veulent que notre économie se rétablisse », a-t-il fait valoir.

L’INSPQ recense, en date de mardi, 5460 cas actifs de COVID-19, un nombre en hausse constante depuis un mois en demi. En tout, 82 % des Québécois âgés de 12 ans et plus sont adéquatement vaccinés.

De nombreuses règles

Pour entrer au Canada, les voyageurs non essentiels doivent avoir reçu toutes leurs doses de l’un des quatre vaccins approuvés par Santé Canada, soit celui de Pfizer-BioNTech, de Moderna, de Johnson & Johnson ou d’AstraZeneca-Oxford, et ce, depuis au moins 14 jours. Leur document de preuve doit obligatoirement être rédigé en français ou en anglais.

Ils doivent également présenter un résultat négatif de test moléculaire de dépistage de la COVID-19 effectué moins de 72 heures auparavant et n’avoir aucun symptôme de la maladie. Toutes ces informations doivent être enregistrées sur le portail Web ArriveCAN avant leur départ.

Une fois en sol canadien, les touristes n’auront pas à se mettre en quarantaine, mais devront quand même avoir préparé un plan au cas où celle-ci serait jugée nécessaire par les agents douaniers. Certains, choisis au hasard, devront passer un test de dépistage supplémentaire à leur arrivée.

Les enfants de moins de 12 ans pourront accompagner un adulte vacciné, mais devront passer un test de dépistage à leurs premier et huitième jours en sol canadien, en plus de respecter des règles sanitaires strictes pendant les 14 premiers jours de leur séjour.

Les vols directs provenant de l’Inde ou du Maroc étant toujours interdits, les voyageurs en provenance de ces deux pays doivent passer un test moléculaire de dépistage dans un tiers pays avant d’embarquer sur leur vol de correspondance.

Tous doivent aussi respecter les règles propres à la province où ils atterrissent.

Si un voyageur présente de faux documents ou brise sa quarantaine, il s’expose à un maximum de 750 000 $ d’amende, à six mois de prison ou aux deux, en plus de possibles accusations criminelles.

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