CDPQ Infra confirme le choix d’un tunnel court au centre-ville pour le REM de l’Est

Le futur Réseau express métropolitain
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le futur Réseau express métropolitain

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a dévoilé jeudi deux études très attendues sur l’insertion souterraine du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est au centre-ville et confirmé le choix d’un tunnel court de 500 mètres à l’est de la Gare Centrale. Selon la Caisse, il s’agit de la seule solution viable.

Deux firmes, AECOM-Systra et Geocontrol, ont d’abord examiné trois scénarios, soit l’enfouissement du REM sous les deux lignes de métro orange et jaune, son passage entre ces deux lignes de métro ou l’aménagement d’un tunnel dans le secteur de la rue Saint-Antoine. Selon les experts, ces trois options comportent des risques élevés.

Les études réalisées par les deux firmes signalent notamment qu’un passage du tunnel du REM entre les deux lignes de métro présenterait un risque de tassement de la ligne orange. « Un changement de quelques millimètres sur la voie du métro pourrait forcer une suspension du service. Ce sont des ouvrages très sensibles », a expliqué Christian Ducharme, vice-président ingénierie à CDPQ Infra.

Dans le secteur de la station Saint-Urbain, le forage devrait se réaliser dans un sol comportant de gros blocs rocheux où se trouve également la nappe phréatique. Plus à l’est, dans le secteur de la rue Dufresne, la firme juge qu’il y a un risque d’affaissement sous les voies du Canadien Pacifique où le sol est meuble. On note une grande proximité des lignes de métro — soit 2,5 mètres pour la ligne jaune et 3,5 mètres pour la ligne orange — avec un potentiel tunnel, alors que la Loi sur les sociétés de transport en commun impose un dégagement de cinq mètres.

Le scénario d’enfouissement sous les deux lignes de métro forcerait la construction de stations à une profondeur d’une quarantaine de mètres, ce qui nécessiterait la construction d’ascenseurs pour permettre l’accès aux usagers. Les conditions géologiques pourraient par ailleurs entraîner des bris au tunnelier.

La construction d’un tunnel sous la rue Saint-Antoine est aussi trop risquée, concluent les études. L’excavation sous la nappe phréatique et les conditions mixtes du sol sur quatre kilomètres présentent des conditions défavorables, souligne-t-on. La présence d’un égout plus que centenaire et les risques d’affaissement des bâtiments environnants ont donc forcé l’exclusion de cette solution.

Le choix retenu

Geocontrol a finalement proposé une autre option, soit de creuser un tunnel de 500 mètres sous le boulevard René-Lévesque dans le segment situé à l’ouest de la rue Berri. Le tunnel émergerait en surface à la hauteur des rues Jeanne-Mance et De Bleury. Cette solution est moins risquée, car l’excavation se ferait principalement dans le roc et bien au-dessus de la nappe phréatique, souligne M. Ducharme. Elle favoriserait aussi une meilleure connexion avec la Gare Centrale. C’est donc la solution retenue par CDPQ Infra.

Si la Caisse envisage maintenant une solution partiellement souterraine pour le centre-ville, elle n’a pas terminé les études visant les autres tronçons aériens envisagés dans Hochelaga–Maisonneuve et au-dessus de la rue Sherbrooke Est. « On a énormément d’études d’optimisation et de validation qui sont en cours et sur lesquelles on va revenir à l’automne pour pouvoir présenter, en même temps, l’intégration architecturale et urbaine et l’ensemble des améliorations sur le reste de la ligne », a expliqué Jean-Marc Arbaud, le président et chef de la direction de CDPQ Infra.

M. Arbaud n’a pas été en mesure de préciser le coût du tunnel court envisagé. Rappelons qu’en décembre 2020, lors de l’annonce du REM de l’Est par Québec, le coût total du projet était estimé à 10 milliards de dollars.

Au printemps dernier, CDPQ Infra a mis sur pied un comité d’experts présidé par Maud Cohen, ingénieure et présidente de la Fondation du CHU Sainte-Justine, afin de calmer les appréhensions quant à l’intégration architecturale du projet qui suscite beaucoup d’inquiétudes depuis des mois.

Le projet du REM de l’Est doit être soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement au début de 2022.

Le responsable de la mobilité au comité exécutif de la Ville de Montréal, Éric Alan Caldwell, a dit espérer que CDPQ Infra applique la même « rigueur » et la même « transparence » pour les autres tronçons du REM qui traverseront des quartiers résidentiels.

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