Oscar Peterson honoré au centre-ville de Montréal

Kelly Peterson, épouse d'Oscar Peterson, au centre, s'entretient avec la mairesse de Montréal Valérie Plante, à gauche, et le musicien Oliver Jones.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Kelly Peterson, épouse d'Oscar Peterson, au centre, s'entretient avec la mairesse de Montréal Valérie Plante, à gauche, et le musicien Oliver Jones.

Montréal jette son dévolu sur le centre-ville pour préserver la mémoire du célèbre pianiste de jazz Oscar Peterson. Une place sera aménagée en son honneur non loin de l’Université McGill.

Cette place sera localisée sur la portion centrale de l’avenue McGill College située entre la rue Sainte-Catherine Ouest et le boulevard de Maisonneuve Ouest.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a dévoilé mardi les plans de cette esplanade qui s’insérera au milieu du réaménagement complet de l’avenue. La place Oscar-Peterson comprendra « une œuvre d’art figurative » pour célébrer « la première véritable vedette canadienne de jazz », a précisé Mme Plante. Un « foyer » comprenant brumisateurs et anneau de feu, et quelque 200 arbres sur toute la longueur de l’avenue compléteront le décor.

Le pianiste montréalais, décédé en 2007, a connu la gloire durant la deuxième partie du 20e siècle. Sa composition Hymn to Freedom, son album Canadiana Suite et sa virtuosité l’ont consacré comme l’un des musiciens de jazz les plus importants de l’histoire. Oscar Peterson récoltera huit prix Grammy au courant de sa carrière et jouera aux côtés des plus grands jazzmen de son époque. Il aura travaillé sur sa musique tous les jours de sa vie, six heures par jour.

Photo: Ville de Montréal, Civiliti + Mandaworks et SNC-Lavalin Vue future depuis le côté ouest de la place de l’avenue McGill College vers la place Oscar-Peterson avec la place Ville-Marie en arrière-plan.

Jusqu’à présent, seuls un parc de la Petite-Bourgogne, son quartier natal, et une salle de spectacle de l’ouest de l’île arboraient son nom.

Lors du dévoilement de la place, Kelly Peterson, la veuve d’Oscar Peterson, s’est montrée enthousiasmée par l’honneur accordé à son défunt mari. « Je suis particulièrement enchantée que ça soit quelque chose de nouveau, que l’on n’ait pas à renommer quoique ce soit », a-t-elle souligné. « Et dans ce lieu vraiment spécial… Ça va être spectaculaire ! »

Vue future depuis l’ouest de la place de l’avenue McGill College en direction de la place Oscar-Peterson, avec Place Ville Marie en arrière-plan. Ville de Montréal, Civiliti + Mandaworks et SNC-Lavalin

Nommer plutôt que renommer

Plusieurs tergiversations ont entouré l’intégration du nom d’Oscar Peterson au paysage montréalais.

L’opposition à l’hôtel de ville proposait de renommer la place des Festivals en mémoire du pianiste. Une pétition de 26 000 signatures demandait quant à elle à la Ville de rebaptiser la station Lionel-Groulx.

« Je pense que l’administration a pris le meilleur choix », proclame finalement l’initiateur de cette pétition, Naveed Hussain. « Le choix du centre-ville, au cœur du centre-ville, c’est le meilleur endroit pour honorer Oscar Peterson, dit-il. On ne voulait pas quelque chose de contentieux. On voulait quelque chose de positif dans l’esprit d’Oscar Peterson et l’esprit de la musique jazz. »

André Ménard, le cofondateur du Festival de jazz de Montréal, abonde dans le même sens. « C’est au cœur de la cité. Ce n’est pas seulement un endroit dédié à la culture. C’est un endroit dédié à toute la vie de l’urbanité de Montréal. […] Son père a travaillé humblement à la gare Windsor. Juste à côté, Oscar Peterson a été découvert par Norman Granz en 1949, alors qu’il jouait à l’Alberta Lounge. Et sa sœur Daisy aussi, qui était une grande musicienne, une grande éducatrice, avait fini sa formation à l’Université McGill. […] Donc, la géographie d’Oscar Peterson se répand sur tout le centre-ville. »

L’échéancier des travaux de la place Oscar-Peterson dépend du chantier du REM, situé à proximité. La Ville espère pouvoir inaugurer ladite place à temps pour le centième anniversaire de naissance du musicien, en 2025.

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