Martin Prud’homme prend sa retraite après une entente avec Québec

Martin Prud'homme
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Martin Prud'homme

Suspendu depuis plus de deux ans, le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud’homme, prend sa retraite « à la suite d’une entente conclue avec le gouvernement du Québec ».

« Les deux dernières années ont été une épreuve pour ma famille et mes proches. Je prends la décision de mettre fin à ce litige qui nous a déjà privés de plus de deux années de notre vie », a-t-il écrit dans une déclaration envoyée aux médias, lundi.

Québec a de son côté annoncé par voie de communiqué avoir retiré sa demande d’enquête déontologique à la Commission de la fonction publique. « Cette décision a été prise à la suite d’une entente intervenue entre le gouvernement du Québec et M. Prud’homme, et tient compte de son départ confirmé de la fonction publique, de même que du retrait du recours judiciaire qu’il avait entrepris », écrit-on.

Le gouvernement, comme M. Prud’homme, précise que les détails de l’entente sont confidentiels, et qu’ils ne feront pas de commentaires. « L’entente convenue avec le gouvernement du Québec comprend des engagements stricts de confidentialité », écrit Martin Prud’homme.

Celui-ci avait été suspendu avec salaire de ses fonctions en mars 2019 à la demande de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, après le dépôt d’une allégation relative à des infractions criminelles. Après une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) qui avait pour but d’identifier la source de fuites au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), il n’y a pas eu d’accusations déposées contre M. Prud’homme.

« Vaste partie de pêche »

C’est une plainte de l’ancienne Directrice des poursuites criminelles et pénales, Annick Murphy, qui a déclenché les événements. M. Prud’homme l’aurait jointe par téléphone peu de temps après avoir reçu la visite d’enquêteurs de l’UPAC, en octobre 2017, et elle se serait sentie intimidée.

Après enquête, un comité composé de trois experts avait recommandé sa destitution. Québec avait alors demandé à la Commission de la fonction publique de juger s’il y avait lieu de destituer le dirigeant de la SQ. Celui-ci avait dit être victime d’une « vaste partie de pêche visant à [l]’associer aux fuites médiatiques » de l’UPAC, en raison de ses liens d’amitié avec le député lavallois Guy Ouellette et de ses liens familiaux avec l’ex-commissaire à l’UPAC Robert Lafrenière, dont il est le gendre.

Martin Prud’homme s’était ensuite tourné vers la Cour supérieure pour demander l’annulation du processus.

Des démarches pour nommer une personne à la direction générale de la SQ seront entamées « dans les meilleurs délais », affirme Québec dans son communiqué. Johanne Beausoleil restera entre-temps la directrice générale par intérim.

De son côté, M. Prud’homme a tenu à remercier les employés et les policiers de la SQ. « Continuez votre travail remarquable auprès de notre population avec l’engagement qui vous caractérise et qui fait de notre police nationale une force de l’ordre compétente et rigoureuse. Vous avez un rôle essentiel puisque nos concitoyens savent qu’ils peuvent compter sur vous pour vivre dans un environnement sécuritaire », écrit-il.

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