Des milliers de personnes manifestent de nouveau contre les règles sanitaires à Montréal

Une foule compacte comprenant des personnes de tous âges, incluant de jeunes familles avec enfants, s’est réunie vers 13h au parc Maisonneuve, près du Stade olympique.
Photo: Zacharie Goudreault Le Devoir Une foule compacte comprenant des personnes de tous âges, incluant de jeunes familles avec enfants, s’est réunie vers 13h au parc Maisonneuve, près du Stade olympique.

Des milliers de personnes ont défilé dans l’est de Montréal samedi après-midi afin de s’opposer aux règles sanitaires en vigueur dans le contexte de la lutte contre la pandémie de COVID-19, incluant la mise en application prochaine du passeport vaccinal et la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé.

Une foule compacte comprenant des personnes de tous âges, incluant de jeunes familles avec enfants, s’est réunie vers 13 h au parc Maisonneuve, près du Stade olympique, avant d’entamer une longue marche sur la rue Sherbrooke et d’autres artères situées dans les arrondissements de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et de Rosemont-La Petite-Patrie. Une marche bruyante, mais pacifique, qui s’est déroulée sous forte présence policière.

« Non au passeport », « On exige un débat public » et « Liberté ! » sont certains des slogans qu’ont scandés manifestants en cœur, tout en brandissant des affiches montrant entre autres leur opposition au port du masque obligatoire et au passeport sanitaire, qui entrera en vigueur le premier septembre. « Ma santé, ma souveraineté » soulignait notamment une affiche, au moment où les nouveaux cas quotidiens de COVID-19 ont continué de grimper dans les derniers jours, pour atteindre 604 samedi, par rapport au bilan précédent.

« Ils nous entraînent dans un gouffre sans fond avec le passeport sanitaire. Ça ouvre la porte à plein d’abus et de mesures qui ne sont pas bonnes pour nous », a lancé au Devoir un des manifestants, Gaston Gagnon. Le passeport vaccinal aura pour effet de limiter l’accès à certains lieux non essentiels, comme les bars et les restaurants, aux personnes adéquatement vaccinées contre la COVID-19, le tout afin d’éviter un nouveau confinement et de limiter la propagation de la COVID-19.

La marche a abouti vers 14 h 30 devant les bureaux de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, où se sont massés les manifestants pour entendre quelques discours parmi la cacophonie des cris de joie et des tambours, avant de quitter progressivement les lieux.

Vaccination obligatoire

La manifestation, baptisée « Les professionnels en marche », a notamment été organisée par le collectif Infirmières et infirmiers de première ligne du Canada et Réinfo Santé Québec. Ces groupes s’opposent à la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, qui a fait l’objet d’une commission parlementaire jeudi et vendredi. L’événement a d’ailleurs attiré plusieurs travailleurs de la santé opposés à certaines mesures sanitaires.

« On ne peut pas forcer un individu d’être vacciné sans son consentement », martèle David, qui œuvre en imagerie médicale au sein du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Il a préféré taire son nom de famille étant donné sa fonction dans le réseau de la santé. « Je suis contre toute procédure médicale obligatoire, que ce soit la vaccination ou n’importe quelle autre procédure médicale », ajoute-t-il.

David craint d’ailleurs que la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé et des services sociaux qui sont en contact prolongé avec des patients ait pour effet d’exacerber la pénurie de main-d’œuvre qui frappe déjà le réseau. « On va avoir encore plus de pénurie », renchérit Penny, qui travaille elle aussi au CUSM.

À la mi-août, le gouvernement Legault a fait part de son intérêt en faveur de la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé et des services sociaux qui sont en contact prolongé (15 minutes) avec des patients, à la suite d’une recommandation de la Santé publique du Québec à cet effet.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a estimé cette semaine à au moins 30 000 le nombre de travailleurs de la santé du réseau public visés par cette mesure et qui ne sont pas encore vaccinés. On en compterait aussi quelques dizaines de milliers dans le secteur privé. Il s’agit notamment d’employés dans les résidences privées pour personnes âgées.

La commission parlementaire tenue cette semaine a aussi permis d’étudier la possibilité d’élargir la vaccination obligatoire à d’autres professions à risque, en ciblant par exemple des employés dans le milieu de l’éducation et dans les garderies. Cette commission ne mènera toutefois pas à l’émission de recommandations ou à la rédaction d’un rapport, ce qu’ont déploré les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

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