Accident de motoneiges impliquant des touristes: meilleure signalisation recommandée

«Une signalisation interdisant de quitter les sentiers balisés pour emprunter ce secteur du lac Saint-Jean, reconnu pour être dangereux, aurait pu permettre de prévenir ce groupe de motoneigistes qu’ils se dirigeaient tout droit vers un piège mortel», a écrit la coroner.
Photo: Fred Thornhill La Presse canadienne «Une signalisation interdisant de quitter les sentiers balisés pour emprunter ce secteur du lac Saint-Jean, reconnu pour être dangereux, aurait pu permettre de prévenir ce groupe de motoneigistes qu’ils se dirigeaient tout droit vers un piège mortel», a écrit la coroner.

La coroner Jessica Tremblay formule des recommandations touchant la signalisation dans les sentiers de motoneige, à la suite du décès tragique de cinq touristes français et de leur guide québécois, le 21 janvier 2020, sur le lac Saint-Jean.

Dans les six rapports qu’elle vient de rendre publics, la coroner formule aussi une recommandation touchant l’accès à des moyens de repérage et de communication entre les personnes qui participent à de telles expéditions.

L’accident était survenu lors d’une expédition de plusieurs jours de cinq touristes français avec leur guide québécois, pourtant qualifié et expérimenté, Benoit Lespérance.

Gilles Claude, Julien Benoît, Yann Thiery, Arnaud Antoine et Jean-René Dumoulin sont aussi décédés de noyade et d’hypothermie, lorsque leurs motoneiges ont sombré dans les eaux du lac Saint-Jean.

Les événements

Le groupe avait quitté le sentier balisé pour emprunter un raccourci afin de se rendre à Saint-Gédéon.

Le guide Lespérance dirigeait le groupe, qui circulait en file à une vitesse normale. Ce sont les motoneigistes directement derrière lui qui ont sombré les premiers dans l’eau glaciale. Ne les apercevant plus dans son rétroviseur, il a fait demi-tour pour tenter de les retrouver, en vain.

Trois autres motoneigistes qui faisaient partie du groupe avaient réussi à s’extirper de l’eau et à se tirer d’affaire et étaient allés chercher du secours, voyant que M. Lespérance, parti à la recherche de ceux qui étaient disparus, ne revenait pas.

Ce jour-là, il faisait pourtant entre -8 °C et -10 °C. Il ventait, mais la visibilité était bonne. Il faisait noir lors de l’accident.

« Il ne fait pas de doute que le secteur vers où M. Lespérance a guidé le groupe était à risque », écrit la coroner. Toutefois, le guide s’était enquis de l’environnement du secteur, en consultant une carte pendant plusieurs minutes dans une station-service, relève la coroner.

Elle note dans son rapport que M. Lespérance avait consommé du cannabis, mais « puisque différents facteurs peuvent entraîner la surestimation du THC dans les cas post mortem chez les consommateurs de cannabis, il m’est impossible d’affirmer que la consommation de cannabis ait pu contribuer à la survenue de l’accident », écrit-elle dans l’un de ses rapports.

Signalisation

La coroner recommande donc à la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec d’améliorer la signalisation dans le secteur du sentier et d’installer des panneaux appropriés afin d’aviser les usagers des dangers potentiels dans les sentiers près des lacs et des rivières.

« Une signalisation interdisant de quitter les sentiers balisés pour emprunter ce secteur du lac Saint-Jean, reconnu pour être dangereux, aurait pu permettre de prévenir ce groupe de motoneigistes qu’ils se dirigeaient tout droit vers un piège mortel », a écrit la coroner.

Communications et autres

Elle recommande aussi que les participants à de telles expéditions aient accès à un système de repérage de style GPS, à des balises de détresse et à des moyens de communication, afin de prévenir de dangers ou d’ennuis potentiels.

Elle soulève deux autres enjeux, mais souligne elle-même que ceux-ci ont depuis fait l’objet d’interventions de la part des autorités.

En décembre 2020 en effet, la Loi sur les véhicules hors route a été modifiée pour y inscrire l’obligation de suivre une formation minimale lors de la location de tels véhicules. La loi exige aussi une formation reconnue par le ministère du Tourisme pour agir comme guide lors d’une telle excursion.

« Je souscris totalement à ces nouvelles mesures inscrites dans la loi », écrit la coroner Tremblay.

Elle ajoute qu’« il est également prévu de rendre prochainement obligatoire pour les guides une formation de sauvetage en milieu éloigné ».

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