Le syndicat refuse l’arbitrage dans le conflit chez Olymel

Le ministre du Travail et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, veut l’intervention d’un arbitre pour mettre fin au conflit entre Olymel et les travailleurs de l’usine à Vallée-Jonction.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le ministre du Travail et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, veut l’intervention d’un arbitre pour mettre fin au conflit entre Olymel et les travailleurs de l’usine à Vallée-Jonction.

Le syndicat refuse l’arbitrage dans le conflit entre Olymel et les travailleurs de l’usine de Vallée-Jonction, et le ministre du Travail et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, demande un blitz de la part du médiateur spécial d’ici dimanche.

« Nous refusons l’arbitrage parce que nous savons que nos membres ne voudront assurément pas d’un règlement imposé par un arbitre après avoir passé près de quatre mois en grève », a précisé au ministre le syndicat, selon le président du syndicat des travailleurs, Martin Maurice. « Pour notre part, nous privilégions la négociation parce que nous sommes toujours convaincus qu’une entente de principe négociée est encore à notre portée, et ce, dans un délai rapide. Malgré ce que pense Jean Boulet, les parties ne sont pas si loin l’une de l’autre », a soutenu M. Maurice.

Le ministre Boulet avait dit plus tôt jeudi vouloir l’intervention d’un arbitre pour mettre fin au conflit. Les deux parties avaient jusqu’à 17 h, jeudi, pour accepter la proposition du ministre. M. Boulet a écrit sur Twitter vers 17 h 45 : « Le syndicat de la CSN a refusé. Je demande au médiateur spécial de faire un blitz afin que les parties s’entendent d’ici dimanche. »

Le ministre estimait que l’arbitrage était la meilleure approche pour régler un conflit qui dure « depuis trop longtemps ». La grève a débuté le 28 avril dernier. Les points en litige étaient alors les salaires, les horaires de travail et la durée de la convention collective.

« Quand le ministre défère à l’arbitrage, ça a pour effet de mettre fin au conflit, expliquait-il. Donc, on met fin au conflit de travail, on revoit le retour de protocole au travail et la grève est terminée. »

En point de presse, Paul Beauchamp, premier vice-président d’Olymel, avait confirmé que l’employeur acceptait la proposition d’arbitrage. « Faut se rendre à l’évidence, c’est la meilleure façon de sortir de l’impasse. »

Mardi, Olymel a lancé un ultimatum aux travailleurs en affirmant qu’elle abolirait le quart du soir, soit 500 postes, si une entente n’intervenait pas d’ici dimanche soir. Les licenciements n’auront pas lieu « dans la mesure où le syndicat accepte le processus de l’arbitrage », précisait M. Beauchamp. Le dirigeant d’Olymel s’est défendu d’avoir eu recours à la menace pour atteindre ses fins. « On ne peut se permettre de bluffer. On a appris ça au fil des ans. Des fois, on prend des décisions et ce sont des gestes difficiles. »

Au syndicat, on avait une lecture différente des événements plus tôt cette semaine. « Ce n’est pas la première fois qu’Olymel décide de menacer ses salariés de fermeture et tente de diviser les membres du syndicat en faisant craindre des abolitions de poste, a dit M. Maurice. Ça fait plus de 50 ans que les employeurs des abattoirs utilisent ces stratégies méprisantes pour leur main-d’œuvre. »

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