Le chef du SPVM dénonce les tirs contre ses agents

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron

Deux agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été la cible de coups de feu dans la nuit de lundi à mardi, une agression que le directeur du SPVM, Sylvain Caron, a qualifié de « purement gratuite » et « inadmissible ».

Fait inhabituel, le chef de la police a invité les médias mardi soir au quartier général du SPVM pour faire le point sur l’agression qui s’est produite près de l’intersection du boulevard Décarie et de la rue Saint-Jacques, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, vers 1 h 30 mardi.

Selon le SPVM, deux policiers ont été « ciblés par des coups de feu » alors « qu’ils quittaient le Centre universitaire de santé McGill ».

« Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est la gratuité de cet acte de violence dirigé spécifiquement vers nos policiers », a dénoncé Sylvain Caron. « […] Nos policiers sortaient de l’hôpital, venaient de faire une intervention, sortaient pour reprendre leur véhicule et font face à des tirs. C’est vraiment un geste gratuit. C’est ça qui est particulier et préoccupant. »

Une policière a été blessée légèrement à un bras lors des opérations qui ont suivi l’événement.

« Permettez-moi d’adresser un message particulier à mes employés ce soir, ayez confiance en vos collègues qui mènent l’enquête, tous les moyens seront mis à leur disposition pour résoudre ce crime », a précisé le directeur de la police.

« Ce n’est pas facile actuellement de travailler sur le terrain », a par la suite indiqué Sylvain Caron en entrevue au Devoir. Il invite les policiers à « redoubler de vigilance et d’être plus alertes en tout lieu et tout endroit compte tenu de ce qui se passe sur le territoire ».

Des recherches ont été menées sur les lieux peu après l’incident, mais elles n’ont pas permis d’identifier un suspect.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi en soirée. « C’est tout simplement inacceptable qu’on tire sur nos policiers », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter. « Mes pensées à la policière blessée près du CUSM ce matin et à l’ensemble de ses collègues du SPVM. »

Le candidat à la mairie, Denis Coderre, a lui aussi commenté l’événement plus tôt en journée sur la même plateforme : « Une autre fusillade. Une autre vie mise à risque. Montréal encore prise à partie. L’heure n’est pas au définancement et désarmement, mais au leadership pour ramener vivre-ensemble. Prompt rétablissement à la policière. »

Des agents de l’escouade des crimes majeurs du SPVM sont arrivés sur les lieux de l’agression mardi matin pour diriger l’enquête. Un vaste périmètre a été érigé jusqu’à tard dans la soirée pour localiser des indices.

La police ne rapportait pas en matinée d’inconvénients majeurs dans le fonctionnement des services de l’hôpital.

Puisque la police ne disposait mardi matin que de très peu d’informations à propos de cette affaire, elle a invité toute personne qui aurait aperçu des déplacements ou des comportements suspects vers 1 h 30 à communiquer avec elle, notamment en se rendant au poste de quartier 9 du SPVM, situé à l’intersection de l’avenue Westminster et du chemin de la Côte-Saint-Luc.

Avec Jean-Louis Bordeleau

À voir en vidéo