Mesures renforcées pour éviter l’école à distance

Le gouvernement Legault fait le pari que le renforcement des mesures sanitaires dans les écoles, combiné à la vaccination, permettra de limiter le nombre d’élèves placés en isolement et d’éviter des fermetures de classe malgré l’émergence du variant Delta.

« On veut garder les élèves à l’école, on veut éviter le plus possible de basculer à distance », a dit mardi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors d’un point de presse à Montréal. Il a donné des précisions fort attendues dans le réseau scolaire à propos des mesures sanitaires, de la gestion des éclosions et des activités sportives et parascolaires, notamment.

Le ministre a confirmé que les élèves des écoles primaires et secondaires de neuf régions — le Centre-du-Québec, l’Estrie, Lanaudière, les Laurentides, Laval, la Mauricie, la Montérégie, Montréal et l’Outaouais — devraient porter le masque en tout temps, y compris en classe. Comme cela a été annoncé en juin, il n’y aura pas de « bulles-classes » ni d’école en alternance en troisième, en quatrième et en cinquième années du secondaire.

On veut garder les élèves à l’école

La vaccination et le port du masque permettront de limiter le nombre d’élèves mis en isolement lorsqu’un cas d’infection à la COVID-19 survient dans une classe : seul l’élève infecté devra rester à la maison durant 10 jours. C’est un changement important par rapport à l’an dernier, rendu possible par le vaccin, a fait valoir le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique.

À l’échelle de la province, plus des trois quarts (76,7 %) des 12-17 ans ont reçu leur deuxième dose ou ont pris leur rendez-vous pour l’avoir. Ce taux est cependant plus faible à Montréal, où environ la moitié des élèves ne sont pas pleinement vaccinés.

« Avec la quatrième vague et la situation préoccupante du variant Delta, cette faible couverture vaccinale compromet le retour à la normale et le maintien des activités scolaires, sportives et sociales », a prévenu la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique, dans un message envoyé mardi aux parents d’élèves de l’est de Montréal.

Moins d’isolements

Dans les régions où le port du masque est obligatoire en classe, qui incluent Montréal, les élèves du primaire ou du secondaire ayant été en contact avec un cas de COVID-19 en milieu scolaire pourront quand même continuer de fréquenter l’école.

Dans les régions où le port du masque n’est pas obligatoire, les élèves du primaire ayant été en contact avec un cas de COVID-19 pourront aussi rester en classe, mais en portant un masque pendant 10 jours. Ils n’auront pas droit aux activités parascolaires pendant cette période.

Au secondaire, toujours dans les régions où le port du masque n’est pas obligatoire, les élèves pleinement vaccinés n’auront pas besoin de s’isoler ni de porter le masque s’ils ont été en contact avec un cas de COVID-19. « Ceux qui ne sont pas pleinement vaccinés devront porter le masque pendant 10 jours et se limiter aux activités scolaires permises, mais sans pouvoir prendre part aux activités parascolaires visées par le passeport vaccinal », précise le ministère.

 

Les activités parascolaires, physiques et sportives se poursuivent de façon normale au primaire — sauf pour les élèves des régions où le masque n’est pas requis en classe qui ont été en contact avec un cas de COVID-19. Ceux-ci devront se retirer temporairement de leurs activités parascolaires.

Au secondaire, les cours d’éducation physique et les programmes de sport-études seront accessibles à tous les élèves, même à ceux qui n’ont pas été vaccinés. Le passeport vaccinal sera toutefois requis pour les compétitions interscolaires, a précisé la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest.

Toujours au secondaire, les activités parascolaires sportives qui se déroulent à l’intérieur seront réservées aux élèves ayant eu deux doses de vaccin. Les activités parascolaires extérieures où les élèves entrent en contact, comme le hockey, le soccer ou le football, nécessiteront aussi un passeport vaccinal.

Autre mesure réclamée depuis longtemps par le milieu scolaire et par les partis de l’opposition à Québec, des tests rapides de dépistage seront déployés dans certaines écoles ayant les plus bas taux de vaccination. Ces tests visent à isoler rapidement les élèves ou les membres du personnel qui sont bel et bien infectés, et non l’ensemble d’une classe, a précisé le Dr Arruda.

À lire aussi:

Des réponses bienvenues, l'éditorial de Marie-Andrée Chouinard

Soulagement et zones d’ombre

Les parents et le personnel scolaire ont accueilli avec soulagement ces précisions de dernière minute, qui surviennent à deux jours du retour en classe de certains élèves. « Il n’est jamais trop tard pour bien faire », a déclaré Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Il salue l’annonce du ministre Roberge, mais souligne que des zones d’ombre planent sur la gestion des éclosions.

Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), redoute lui aussi la gestion des contacts et des retraits du milieu scolaire lorsque plusieurs infections surviendront dans une classe. Il se réjouit quand même du retour en classe malgré la pandémie : « Le milieu de vie qu’est l’école va pouvoir reprendre. »

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) accueille aussi favorablement les mesures annoncées mardi, même si leur arrivée tardive « ajoute une pression inutile aux gestionnaires ».




À voir en vidéo