Le major général Dany Fortin accusé d’agression sexuelle

Le major-général Fortin a déclaré qu’il ne connaissait pas les détails de l’allégation portée contre lui, malgré les demandes répétées de son équipe juridique.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le major-général Fortin a déclaré qu’il ne connaissait pas les détails de l’allégation portée contre lui, malgré les demandes répétées de son équipe juridique.

Le major général Dany Fortin, qui supervisait auparavant la campagne de distribution du vaccin contre la COVID-19 au Canada, a été accusé d’un chef d’agression sexuelle.

M. Fortin s’est présenté à la police de Gatineau, mercredi matin, après qu’un mandat d’arrestation eut été lancé contre lui lundi.

Le major général Fortin a ensuite déclaré aux journalistes qu’il ne connaissait pas les détails de l’accusation portée contre lui, malgré les demandes répétées de son équipe juridique pour les obtenir. Les avocats de M. Fortin ont dit que la seule information qu’ils ont reçue est que l’accusation se rapporte à un incident présumé survenu en 1988. M. Fortin, qui a déjà servi en Afghanistan et en Irak, a décrit les trois derniers mois comme la période la plus difficile de ses 36 années d’uniforme.

Le major général a été brusquement démis de ses fonctions à l’Agence de la santé publique du Canada le 14 mai, après avoir supervisé la distribution des vaccins contre la COVID-19 à travers le pays. Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes a par la suite renvoyé une enquête pour inconduite sexuelle au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) au Québec afin de déterminer si des accusations criminelles devaient être portées dans le dossier qui le concerne.

Mercredi, le DPCP a confirmé le dépôt d’une accusation contre M. Fortin, mais n’a pas souhaité faire d’autres commentaires.

Échos politiques

 

De passage en Colombie-Britannique mercredi dans le cadre de la campagne électorale fédérale, le chef libéral, Justin Trudeau, n’a pas souhaité commenter le cas devant la cour, mais a tenu à rappeler sa position sur la situation dans l’armée en général. « Chaque femme et homme qui choisit de servir dans les Forces armées mérite d’avoir toutes les ressources et l’appui nécessaires s’ils vivent des choses inacceptables à l’intérieur des Forces armées », a-t-il affirmé.

De son côté, le chef conservateur, Erin O’Toole, a été invité à réagir à l’affaire lors d’un arrêt électoral à Québec. « Le cas avec M. Fortin est devant les tribunaux maintenant. Mais, en général, on a vu un camouflage sur les allégations d’inconduite sexuelle par le bureau de M. Trudeau il y a trois ans. C’est totalement inacceptable », a déclaré M. O’Toole, lui-même un ancien combattant.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est quant à lui interrogé sur ce que savait le gouvernement au sujet de ces accusations. « La démonstration a été faite et demeure faite qu’au sein des Forces armées canadiennes, pendant longtemps il y a eu une espèce de terrible aveuglement par rapport à un nombre qui apparaît très élevé de comportements très inappropriés », a déclaré M. Blanchet.

Les avocats de M. Fortin ont fait valoir devant la Cour fédérale que la décision de renvoyer leur client était déraisonnable, manquait d’équité procédurale et impliquait une ingérence politique inappropriée dans la chaîne de commandement militaire de la part du premier ministre, de la ministre de la Santé, Patty Hajdu, du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et du greffier du Conseil privé.

Le gouvernement est tenu de répondre à ces allégations le 17 septembre, trois jours avant que les électeurs se rendent aux urnes.

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