Deux avions sont arrivés d’Afghanistan au Canada, avec des réfugiés

Ottawa n’a pas précisé dans l’immédiat le nombre de ces réfugiés ramenés à bord du vol, mais on sait que des centaines d’Afghans sont toujours piégés dans leur pays.
Photo: Rahmat Gul Associated Press Ottawa n’a pas précisé dans l’immédiat le nombre de ces réfugiés ramenés à bord du vol, mais on sait que des centaines d’Afghans sont toujours piégés dans leur pays.

Deux avions sont arrivés d’Afghanistan au Canada avec à leur bord des diplomates et des militaires des forces spéciales, ainsi qu’un nombre indéterminé de réfugiés fuyant les talibans.

Les vols en provenance de l’Afghanistan au Canada ont donc repris lundi, alors qu’un certain ordre régnait à l’aéroport de Kaboul, après deux jours dramatiques de chaos. En fin de semaine, des milliers d’Afghans désespérés se sont précipités sur le tarmac, alors que les talibans prenaient le contrôle de la capitale — et du pays.

Le ministère canadien de la Défense nationale a indiqué mardi qu’un avion transportant des diplomates et des « agents d’élite » était arrivé à Ottawa tard lundi soir dans le cadre de l’opération d’évacuation de tout le personnel canadien en Afghanistan.

Un deuxième avion, transportant des Afghans qui avaient déjà aidé le Canada au cours de son implication de 20 ans dans le pays, ainsi que leur famille, est aussi arrivé à Toronto, a déclaré la porte-parole du ministère de la Défense, Jessica Lamirande, dans un courriel.

Il s’agit du cinquième vol de ce type en provenance d’Afghanistan depuis que le gouvernement canadien a annoncé, fin juillet, qu’il allait secourir d’anciens interprètes, chauffeurs, préposés à l’entretien et autres Afghans qui sont actuellement menacés d’arrestation — voire d’exécution sommaire — par les talibans, pour avoir aidé le Canada.

Ottawa n’a pas précisé dans l’immédiat le nombre de ces réfugiés ramenés à bord du vol, mais on sait que des centaines d’Afghans sont toujours piégés dans leur pays. On apprend de-ci de-là que des familles se terrent dans des maisons sûres ou sont coincées dans des parcs, sans nulle part où aller.

D’anciens combattants canadiens et les partis d’opposition à Ottawa ont accusé le gouvernement libéral d’avoir tardé à aider les anciens interprètes au cours des derniers mois, alors qu’on savait depuis le printemps que les États-Unis allaient retirer leurs soldats d’Afghanistan.

Il est vrai que la rapidité avec laquelle les talibans ont pris le contrôle du pays en a surpris plus d’un. La crise humanitaire qui se déroule en Afghanistan s’est néanmoins imposée dans la campagne électorale fédérale déclenchée dimanche au Canada.

Justin Trudeau a révélé pour la première fois lundi que 807 Afghans avaient été évacués dans le cadre d’un programme spécial d’immigration, en compagnie de 34 diplomates et militaires canadiens.

Son gouvernement avait précédemment refusé de préciser combien de réfugiés Ottawa avait aidés, invoquant des questions de sécurité. Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu’il réinstallerait 20 000 réfugiés qui ont déjà fui l’Afghanistan, ce qui est un engagement distinct de sa promesse d’aider les Afghans qui ont déjà collaboré avec le Canada.

Andrew Rusk, qui a lancé une campagne nationale pour faire venir les collaborateurs afghans au Canada, estime qu’au moins 2000 d’entre eux attendent d’être évacués.

Lorsqu’on a demandé lundi à M. Trudeau pourquoi son gouvernement n’avait pas agi plus tôt, il a soutenu qu’il avait commencé à travailler sur cette opération au printemps.

Depuis une dizaine d’années, le gouvernement canadien a réinstallé plus de 800 interprètes et employés de soutien.

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