Une marche de la Fierté «unique»

L’ambiance était festive dans les rues de la métropole, où plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pris part à la marche.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’ambiance était festive dans les rues de la métropole, où plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pris part à la marche.

Le centre-ville de Montréal a repris des couleurs ce dimanche après-midi. Une ribambelle arc-en-ciel de plusieurs dizaines de milliers de personnes a déferlé sur le boulevard René-Lévesque et jusqu’au Village gai pour célébrer la diversité sexuelle et de genre.

Exit encore cette année les chars allégoriques, la musique et le festival qui s’ensuit d’habitude lors du défilé de Fierté Montréal. Mais l’ambiance n’en était pas moins festive sous le soleil de la métropole.

« On ne pensait pas qu’on irait aussi loin », convient Jean-François Perrier, directeur général par intérim de Fierté Montréal. Après une édition 2020 toute virtuelle, son équipe a pu organiser cette année une marche, plutôt qu’un défilé, pour respecter les mesures sanitaires.

« C’est bien parfait, de faire une marche », assure M. Perrier, « parce qu’il n’y a pas de corporatisme, pas de compagnie qui est là. C’est plus les gens. Quand c’est un défilé, on a de grandes entreprises, nos partenaires. Là, c’est vraiment un retour à la source. »

Le tout premier organisateur d’une manifestation pour la fierté à Mont-réal, M. John Banks, a notamment marqué le départ du cortège. « [John Banks] a fait la première marche de Montréal en 1979 avec 52 personnes », rappelle Jean-François Perrier. « Pour lui aussi, c’était émouvant. C’était comme au début : une marche revendicatrice avec juste les gens. »

Combats multiples

 

Malgré les progrès réalisés depuis quelques décennies, plusieurs pancartes exposaient la diversité des luttes à poursuivre.

« À bas les TERFS », pouvait-on lire sur l’écriteau de Garance Nidegger, faisant référence aux féministes qui critiquent la notion de genre.

« Je trouve ça aberrant qu’il y ait des discriminations au sein même d’une communauté qui se veut ouverte et qui accepte les gens », s’indigne-t-elle. « Et il y a encore énormément de causes à soutenir : la cause grossophobe, la cause raciste, la cause transphobe, énormément de causes en fait. Et la Fierté, ce n’est pas juste pour défendre les gais, c’est pour défendre toute une communauté, défendre l’égalité entre les personnes, le féminisme, l’écologie. C’est un ensemble de luttes pour l’égalité. »

Sous la banderole des « Aînés et retraités de la communauté », Jacques Blackburn évoque le sort des plus âgés coincés dans la solitude.

« On s’en rend compte avec le temps qu’il y en a beaucoup plus qu’on pensait, des gens qui sont isolés parmi les personnes âgées », note-t-il. « […] C’est plus difficile pour nos générations de se sentir assez à l’aise pour pouvoir dire que je fais ma vie, j’ai le droit d’exister comme tout le monde et que je n’ai pas à justifier ma sexualité par rapport aux autres. C’est ça qu’on cherche : la normalité. »

Toutes sortes de couleurs, d’âges, mais aussi de langues s’exprimaient sur les pancartes. Sur l’une d’entre elles, on pouvait par exemple lire en arabe : « L’amour n’est pas un crime. Définitivement, ça ne te fait pas mal. »

Sous celle-ci, Tyler Doucet fait remarquer qu’« il y a plein de personnes de partout dans le monde, avec plein de langues, de différentes cultures » lors de Fierté Montréal. « Tout le monde s’aime. Tout le monde s’accorde. Tu peux porter ce que tu veux. Tu peux être qui tu veux. Ça ne dérange pas. Tu es humain, et on est tous humains à la fin de la journée. Et on a du fun ! Même avec la COVID et les restrictions, on rattrape le temps perdu. On doit faire deux fois plus de trouble aujourd’hui ! »

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