​Passeport vaccinal: vives inquiétudes pour les sans-abri

Le coordonnateur du RSIQ, Boromir Vallée Dore, explique que certains de ces lieux jugés non essentiels peuvent être de première nécessité pour les itinérants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le coordonnateur du RSIQ, Boromir Vallée Dore, explique que certains de ces lieux jugés non essentiels peuvent être de première nécessité pour les itinérants.

Le passeport vaccinal que mettra en place le gouvernement du Québec à compter du 1er septembre prochain suscite des inquiétudes chez ceux qui œuvrent auprès des itinérants.

La restriction d’accès à certains lieux jugés non essentiels pourrait avoir un effet négatif sur le quotidien d’un bon nombre de personnes sans abri, note le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).

Le coordonnateur du RSIQ, Boromir Vallée Dore, explique que certains de ces lieux peuvent être de première nécessité pour cette partie de la population québécoise. Il rappelle qu’un restaurant, un café, le hall d’un centre commercial, un vestiaire de gymnase ou une bibliothèque sont des lieux de répit, de chaleur, d’accès à la nourriture, à des toilettes, à une possibilité de se laver ou de dormir en sécurité.

Le projet de passeport sanitaire du gouvernement prévoit que seuls les Québécois qui auront reçu leurs deux doses de vaccin contre la COVID-19 pourront avoir accès à certains lieux publics ou à des événements en exhibant le code QR téléchargé dans leur téléphone cellulaire ou imprimé sur une feuille de papier.

Vaccination difficile à prouver

Le RSIQ signale que la plupart des sans-abri n’ont pas de téléphone cellulaire et que leur situation rend difficile la possibilité de conserver des documents officiels sur papier. L’organisme rappelle que, malgré leur incapacité à le prouver, des itinérants peuvent fort bien avoir été vaccinés contre la COVID-19.

La non-possession d’un passeport vaccinal peut donc avoir un effet négatif direct sur leur santé et leur sécurité, selon le RSIQ, qui ajoute que rien n’indique jusqu’ici que les organismes communautaires seront exemptés de la mesure.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué que la liste complète des lieux visés sera connue plus tard durant la semaine du 23 août, mais on sait déjà que les commerces de détail et les services essentiels n’en feront pas partie.

Les établissements ou organismes susceptibles d’utiliser le futur passeport vaccinal recevront d’ici là l’application requise qui leur permettra de vérifier les codes QR de leur clientèle. Quant aux employés de ces établissements, ils ne seront pas tenus d’être vaccinés.

Le ministre Dubé justifie l’adhésion au passeport vaccinal par l’inévitable quatrième vague d’infections à la COVID-19, qui se manifeste déjà par une hausse récente du nombre de cas et d’hospitalisations, tout comme la présence croissante au Québec du variant Delta, fort contagieux.

À voir en vidéo