Des centaines de personnes dénoncent la mort de Jean René Junior Olivier à Repentigny

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à Repentigny pour dénoncer la mort de Jean René Junior Olivier, un homme noir de 38 ans mort sous les balles des policiers dimanche dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à Repentigny pour dénoncer la mort de Jean René Junior Olivier, un homme noir de 38 ans mort sous les balles des policiers dimanche dernier.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir devant l’hôtel de ville de Repentigny pour dénoncer la mort de Jean René Junior Olivier, un homme noir de 38 ans, mort sous les balles des policiers dimanche dernier.

« C’est vraiment dur, c’est très difficile pour moi », a dit sa mère, Marie-Mireille Bence, ébranlée, dans un discours devant le rassemblement. Dans la foule, plusieurs personnes portaient des chandails blancs avec l’inscription « Justice pour Junior ». Mme Bence estime que les policiers qui ont ouvert le feu sont des « criminels ». « Mon fils est mort parce qu’il est noir », a-t-elle lancé.

L’homme est décédé lors d’une intervention policière à Repentigny, après un appel de sa mère au 911 pour demander de l’aide, car il était en détresse psychologique. « Est-ce que demain, si j’ai un problème, je vais appeler le 911 ? Jamais. Je vais rester avec mes problèmes, peu importe le problème. Aujourd’hui, mon fils n’est plus là », a-t-elle dit.

D’autres membres de la famille étaient présents et ont pris la parole devant la foule. « On ne sait pas qui est le policier, on ne va jamais le savoir », a lancé le fils de la victime, Kayshawn Olivier.

Le frère du défunt, qui réside à Repentigny depuis 11 ans, était également sur place. « Je suis ici pour dénoncer l’injustice qui a été faite dimanche, il n’avait pas à abattre mon frère comme ça », a dit Debby Olivier au Devoir. « Nous ne l’avons pas vu venir du tout. »

« Cela fait plusieurs années que nous dénonçons », a de son côté affirmé Pierre-Richard Thomas, coordinateur chez Lakay Média et président de l’Association des personnes racisées de Repentigny. « Il ne devrait pas se produire de telles choses si les autorités municipales écoutaient les communautés noires », a poursuivi celui qui a participé à l’organisation de l’événement. Des revendications seront remises à la ville.

La municipalité a réagi mercredi sur Facebook, en écrivant que « les employés de la Ville sont attristés par cet événement qui a affecté l’ensemble des citoyens, et particulièrement les personnes noires de Repentigny ».

Éléonore s’est déplacée de L’Assomption avec son conjoint et ses deux jeunes enfants pour dénoncer la mort de Jean René Junior Olivier. « On pense à nos enfants et on se dit que si ça leur arrive, on va se sentir touché de la même façon », a-t-elle dit au Devoir. « C’est difficile d’expliquer à son enfant qu’il n’a pas les mêmes droits qu’un enfant blanc. On n’a pas le choix de marcher. On va faire notre part et peut-être que le temps qu’ils grandissent, les choses vont peut-être changer ».

« Il faut que ça arrête à un moment donné. Nous sommes pacifiques, mais on ressent de la rage parce qu’en 2021, on se bat encore pour l’égalité », a pour sa part lancé Bichara, 24 ans, qui était venu de Laval.

« Ça nous dévalorise en tant qu’être humain, a renchéri son amie Chrystelle. On saigne tous rouge à la fin de la journée et on a presque tous les mêmes valeurs. Je trouve ça dommage qu’on soit déshumanisé. »

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