Conflit chez Olymel: les éleveurs de porcs réclament l’intervention du ministre

Faute de d'ententes entre les partis, les Éleveurs de porcs du Québec craignent que ses membres doivent en arriver à être forcés d’euthanasier des porcs.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Faute de d'ententes entre les partis, les Éleveurs de porcs du Québec craignent que ses membres doivent en arriver à être forcés d’euthanasier des porcs.

Après des mois de grève et une impasse dans les négociations à l’usine de transformation de porc d’Olymel, à Vallée-Jonction, les Éleveurs de porcs du Québec demandent une intervention du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, pour régler le conflit de travail.

L’organisation souhaite que le ministre force les deux parties à négocier pour que les activités de transformation soient remises en marche et éviter l’euthanasie de milliers de porcs.

Si l’on reconnaît que le ministre n’avait pas à s’en mêler tant que la négociation se poursuivait, on croit maintenant que les discussions sont rompues qu’il devient urgent pour le ministre Boulet d’agir.

« Par son titre, il est le conciliateur en chef du Québec. Vu qu’il n’y a plus de négociation, il faut qu’il intervienne et il faut qu’il raisonne les parties. Il doit jouer son rôle pleinement », soutient le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval.

Dans un communiqué publié lundi, « les Éleveurs estiment que les parties sont responsables des conditions déplorables du nombre plus élevé de porcs très lourds entassés dans les bâtiments ».

David Duval dit craindre que ses membres doivent en arriver à être forcés d’euthanasier des porcs comme ce fut le cas pour les éleveurs de volaille.

« On a tout fait pour essayer de déplacer au maximum nos animaux. Chaque semaine, on a une augmentation du nombre de porcs en attente. Ce sont des porcs qui sont rendus au stade d’abattage et qui ne peuvent pas se faire abattre », explique-t-il.

Près de 130 000 porcs en attente

À la fin de la semaine dernière, les éleveurs recensaient près de 130 000 porcs en attente. Une petite partie d’entre eux ont pu être dirigés vers les États-Unis ou l’Alberta où des places étaient disponibles en abattage. La situation demeure tout de même critique.

Selon M. Duval, le manque d’espace crée de l’agressivité chez les animaux et nuit à leur bien-être. Même chose pour les longs trajets en transport auxquels ils ne sont pas habitués. Il craint d’ailleurs que quelques semaines de plus au conflit ou encore quelques jours de canicule soient catastrophiques dans les porcheries.

« Pour nous, le gaspillage alimentaire, ça ne fait pas partie de notre langage, a-t-il soutenu en entrevue avec La Presse canadienne. Toutes les parties du porc sont consommées, sont transformées. Pour nous, ça ne peut pas arriver juste à cause d’une grève. »

David Duval rappelle qu’un porc peut fournir 600 repas et donc qu’un seul animal euthanasié représente un énorme gaspillage alimentaire.

Les Éleveurs de porcs du Québec se disent par ailleurs « consternés par l’attitude des parties » qui se blâment toutes les deux pour l’impasse.

Vendredi dernier, la direction d’Olymel a soutenu avoir accepté une proposition de règlement de l’équipe de conciliation, mais le syndicat a plutôt affirmé n’avoir reçu aucune offre salariale de la partie patronale au cours des derniers jours.

Dans un communiqué publié au cours du week-end, la direction d’Olymel s’est dite « extrêmement déçue et abasourdie » par la décision syndicale de quitter la rencontre de conciliation.

Mais de son côté, la partie syndicale n’a fait mention d’aucune offre soumise par le conciliateur dans sa version des faits publiée vendredi soir. Le syndicat, affilié à la CSN, soutient être « le seul à avoir entrepris un compromis salarial lors de la dernière ronde de négociations ».

Aux yeux des Éleveurs de porcs, cette situation « est une claque au visage de milliers d’éleveurs de porcs qui, jour après jour, depuis plus de trois mois, côtoient la détresse et font des pieds et des mains pour gérer leurs porcs dans des bâtiments surpeuplés ».

L’usine d’Olymel à Vallée-Jonction, dans Chaudière-Appalaches, est en grève depuis le 28 avril.

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