Rassemblement à la mémoire de la 14e victime de féminicide de l’année au Québec

La manifestation était organisée par le Centre communautaire des femmes sud asiatiques et soutenue par le Comité d’action de Parc-Extension.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La manifestation était organisée par le Centre communautaire des femmes sud asiatiques et soutenue par le Comité d’action de Parc-Extension.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées, vendredi, dans le quartier de Parc-Extension de Montréal à la mémoire de Rajinder Prabhneed Kaur, la victime du 14e féminicide de l’année au Québec, lors d’une manifestation organisée par le Centre communautaire des femmes sud asiatiques (CCFSA) et soutenue par le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE).

« Nous sommes les canaris dans la mine qui disent que cela doit cesser », a déclaré Dolores Chew, membre fondatrice du CCFSA et enseignante en enjeux de genre au collège Marianopolis, pour qui la violence envers les femmes est « un problème de société qui demande une solution de société ».

À court terme, « nous avons besoin de plus de places en refuges, de plus de maisons d’hébergement transitoires », a-t-elle défendu lors de la manifestation.

Mme Chew s’est cependant dite « fâchée contre les politiciens et le gouvernement qui parlent beaucoup et lancent quelques millions de dollars à gauche et à droite », mais qui ne s’attaquent pas « aux racines systémiques et sociétales du problème ».

« Il faut un effort concerté pour mettre fin à la violence basée sur le genre, et cela commence avec l’éducation, à partir de la garderie », a-t-elle lancé.

De plus en plus de féminicides

En 2019, 11 femmes ont été tuées par des hommes au Québec, selon des données de l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation. En 2020, ce nombre avait presque doublé, atteignant 21. Avec 14 féminicides en 7 mois, l’année 2021 s’annonce encore plus meurtrière.

Le confinement est reconnu par de nombreux experts et intervenants du milieu comme l’une des causes principales de cette augmentation, alors que les conjoints violents bénéficient d’un contrôle accru sur leurs victimes.

L’étape de la séparation, où l’agresseur sent qu’il perd ce contrôle, est souvent la plus dangereuse pour les femmes qui cherchent à fuir leur relation, une inquiétude soulevée par plusieurs organismes en vue du déconfinement.

Rajinder Prabhneed Kaur était âgée de 32 ans et avait deux enfants âgés de 5 et 7 ans. Elle a été retrouvée morte dans son appartement de Parc-Extension le 19 juillet dernier.

Son meurtrier et ex-conjoint, Navdeep Gohtra, était sous une ordonnance de la Cour lui interdisant de s’approcher d’elle, alors qu’il était en attente de procès pour menaces à son encontre.

La dépouille de M. Gohtra a été retrouvée mercredi dans la rivière des Prairies. Il avait auparavant confessé son crime dans une vidéo envoyée à sa famille en Inde.

 

Besoin d’aide ?

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez composer le 1-800-363-9010 pour une assistance immédiate. La ligne téléphonique de SOS violence conjugale est entièrement confidentielle et accessible 24 heures sur 24.



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