Les agents des services frontaliers pourraient être en grève dès le 6 août

La grève pourrait perturber le plan de réouverture de la frontère avec les États-Unis.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne La grève pourrait perturber le plan de réouverture de la frontère avec les États-Unis.

Les douaniers canadiens menacent de déclencher une grève à compter du 6 août, ce qui pourrait sérieusement perturber la réouverture de la frontière aux touristes américains, prévue le 9 août.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat des douanes et de l’immigration (SDI) ont annoncé mardi que les quelque 9000 travailleurs de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont « massivement » voté en faveur de la grève, mais ont refusé de donner les proportions du vote.

La grève surviendrait ainsi trois jours avant que les citoyens américains pleinement vaccinés obtiennent le droit de visiter le Canada, sans devoir faire une quarantaine de deux semaines.

Bien qu’un nombre imposant des travailleurs de l’ASFC doivent assurer les services essentiels à la frontière et dans les centres de Postes Canada qui traitent le courrier d’outre-frontière, les porte-parole syndicaux ont précisé qu’un arrêt de travail ralentirait considérablement le passage des personnes et des biens aux frontières, de même que le courrier.

De plus, ils n’écartent pas la possibilité de faire des grèves du zèle, c’est-à-dire ne pas percevoir les droits et taxes sur les biens entrants, notamment.

Sans contrat depuis trois ans

Les syndiqués sont sans contrat de travail depuis trois ans et les négociations ont été rompues en décembre dernier. En mai, l’employeur s’est adressé à la Commission de l’intérêt public, comme il se doit dans une telle situation. Le rapport de celle-ci est attendu incessamment.

Les porte-parole syndicaux ont précisé en conférence de presse virtuelle mardi matin que la grève pourrait être évitée si l’employeur revient à la table de négociation avec de nouvelles offres. Ils espèrent que le rapport de la Commission, dont les recommandations sont non contraignantes, pourra inciter le gouvernement fédéral à revoir sa position.

Les syndicats réclament un assainissement du climat de travail, qu’ils qualifient de toxique en raison de mesures disciplinaires constantes et exagérées et de harcèlement des employés. Ils réclament également la parité avec le personnel des forces de l’ordre à travers le pays.

En contrepartie, ils reprochent à l’employeur de réclamer des concessions importantes, notamment de ramener le délai de sept jours pour un rappel au travail à 48 heures et de rendre plus difficiles les absences du travail sans solde pour des raisons familiales.

Ottawa sur le qui-vive

Interrogé sur ce conflit en fin d'après-midi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que son gouvernement travaillait avec le syndicat afin d'assurer un retour à la table de négociation.

M. Trudeau a reconnu que l'année avait été «difficile pour tout le monde», mais a ajouté que «les agents frontaliers ont dû faire face aux défis d'effectifs réduits et à une augmentation de ce qu'ils avaient à vérifier alors que les personnes traversaient la frontière pour les voyages essentiels».

«Nous reconnaissons qu'il y a eu des défis et nous travaillerons avec eux. Nous avons espoir qu'il n'y aura pas de perturbations», a-t-il conclu.

En plus de permettre aux citoyens américains pleinement vaccinés de visiter le Canada à compter du 9 août, le gouvernement prévoit aussi d’ouvrir les frontières du pays aux visiteurs pleinement vaccinés des autres pays à partir du 7 septembre.

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