La pandémie a changé les opinions sur les soins de longue durée

Environ la moitié des personnes interrogées affirment qu’elles « craignent » désormais l’idée qu’elles-mêmes ou leurs proches se retrouvent dans un centre de soins de longue durée.
Photo: Getty Images iStock Photo Environ la moitié des personnes interrogées affirment qu’elles « craignent » désormais l’idée qu’elles-mêmes ou leurs proches se retrouvent dans un centre de soins de longue durée.

Un sondage de l’Institut Angus Reid suggère que la pandémie a changé la façon dont la plupart des Canadiens envisagent leur avenir en matière de soins de longue durée.

Environ la moitié des personnes interrogées affirment qu’elles « craignent » désormais l’idée qu’elles-mêmes ou leurs proches se retrouvent dans un centre de soins de longue durée.

Les résidents des établissements de soins de longue durée sont à l’origine de la majorité des décès attribuables à la COVID-19 au Canada.

Le rapport indique que les personnes dont des êtres chers sont pris en charge et celles qui n’en ont pas sont également susceptibles d’avoir changé d’avis. Sur d’autres questions, telles que ce qui devrait changer au sein du système, les deux groupes de personnes avaient souvent des opinions similaires.

Cela ne se produit pas toujours, a noté la présidente de l’Institut de sondage Angus Reid Shachi Kurl.

« Souvent, l’expérience vécue peut conduire à une vision très différente d’un problème par rapport aux personnes qui ont une opinion sur un problème, mais n’ont pas l’expérience vécue », a-t-elle expliqué.

« Dans ce cas, sur de nombreux fronts, il y a une quantité importante de similarités entre ceux qui ont passé l’année dernière à gérer au jour le jour le fait d’avoir un être cher dans un établissement de soins de longue durée et ceux qui ont simplement observé ou lu à ce sujet […] C’est probablement un marqueur assez critique pour les décideurs. »

Elle a noté qu’un précédent sondage Angus Reid sur les soins de longue durée avait révélé que même si certaines personnes ayant de la famille dans un établissement estimaient que leur proche avait fait face à des difficultés, un nombre important pensait que l’établissement faisait tout ce qu’il pouvait dans les circonstances.

« Ce qui est ressorti, ce qui a attiré l’attention des gens à travers le pays, ce sont ces histoires d’échec », a-t-elle déclaré.

« Ce problème a horrifié et galvanisé les Canadiens lorsqu’ils en ont entendu parler. »

Les trois quarts des personnes interrogées ont déclaré que des changements importants, voire une refonte complète, devraient se produire dans les soins de longue durée, bien que les réponses soient divisées sur la façon dont les gens hiérarchisent les types de besoins. L’option privilégiée consistait à multiplier les inspections et à appliquer les normes.

Plus de la moitié des personnes interrogées — 55 % — ont déclaré qu’elles seraient prêtes à augmenter de 2 % leur taux d’imposition pour financer des améliorations aux soins de longue durée. Le plus grand soutien pour cette idée est venu de la Colombie-Britannique, où 60 % des répondants étaient d’accord avec cette idée. En Ontario, ils étaient 59 %.

« L’un des défis chroniques liés à la gestion des systèmes qui doivent être modifiés ou améliorés dans ce pays est souvent que les Canadiens ont envie de voir ces améliorations, mais qu’ils ne sont pas […] aussi disposés à puiser dans leur propre portefeuille pour les financer », a remarqué Mme Kurl.

« Je pense que le fait que vous ayez plus de la moitié […] qui dit : “Oui, personnellement, je paierais plus pour voir des améliorations et ces améliorations pourraient consister à embaucher plus de personnel dans de telles installations ou à payer davantage les travailleurs ou à investir davantage dans l’application des règles”, vous voyez qu’il y a une volonté. »

Les trois quarts des répondants ont également déclaré qu’ils soutiendraient l’intégration des soins de longue durée dans le système de santé publique, et 40 % ont indiqué que les entreprises privées devraient être progressivement retirées de l’exploitation des foyers de soins de longue durée. Une majorité a également convenu que le Canada devrait investir dans les soins à domicile.

Le sondage en ligne a été mené du 15 au 18 mars auprès d’un échantillon aléatoire représentatif de 1503 adultes canadiens membres du Forum Angus Reid.

L’organisme professionnel de l’industrie des sondages, le Canadian Research Insights Council, précise que les sondages en ligne ne peuvent pas se voir attribuer une marge d’erreur parce qu’ils ne constituent pas un échantillon aléatoire de la population.

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