Quatorzième féminicide de l’année au Québec

Une femme aurait été tuée par son conjoint lundi soir à Montréal alors même que leurs deux enfants étaient sur les lieux. Il s’agit du 14e féminicide commis cette année au Québec.

Rajinder Prabhneed Kaur avait récemment changé la serrure de son logement du quartier Parc-Extension après avoir porté plainte à la police. « Elle ne voulait plus que [son conjoint] puisse rentrer et elle a payé pour une nouvelle serrure. Mais deux jours plus tard, elle m’a téléphoné pour m’informer qu’elle avait repris avec lui et qu’elle allait lui donner une clé », témoigne Joseph Fernando, le concierge de l’immeuble où le couple résidait depuis quelques années.

Selon nos informations, le suspect est Navdeep Ghotra. L’homme de 30 ans fait déjà face à des accusations de harcèlement criminel : le 19 mai dernier, il aurait proféré des menaces sérieuses envers la victime. Il avait été remis en liberté sous certaines conditions, dont celle de ne pas posséder d’armes.

L’homme a pris la fuite avant l’arrivée des autorités et, au moment où ces lignes étaient écrites, il n’avait toujours pas été retrouvé.

« Le mois dernier, la police est venue en pleine nuit parce qu’il était en état d’ébriété », raconte M. Fernando. Après avoir été escorté par les policiers, l’homme serait revenu le lendemain. La dernière fois que le concierge a parlé avec le couple, c’était la semaine dernière : leur réfrigérateur ne fonctionnait plus et il est allé dans leur logement pour le remplacer. « Il était très courtois avec moi, mais je ne sais pas ce qui se passait une fois la porte refermée », se désole-t-il.

Les enfants présents

Les policiers ont reçu un appel concernant une femme inconsciente dans un appartement de la rue Birnam, à l’intersection de la rue Saint-Roch, peu avant 17 h lundi. Les premiers répondants n’ont pas pu sauver la mère de famille, gravement blessée au haut du corps ; le décès de Rajinder Prabhneed Kaur a été prononcé sur les lieux.

« Elle était sur son balcon quelques minutes plus tôt et elle parlait au téléphone, elle n’avait pas l’air en panique ou en danger », mentionne Noureen Gilani, qui habite l’immeuble voisin. « J’ai entendu soudainement les pleurs des enfants, mais je n’ai pas vu son conjoint », ajoute-t-elle.

Les deux enfants du couple, une fille et un garçon, auraient été présents au moment des événements. « Les policiers ont cogné à toutes les portes parce que la petite fille, en panique, serait partie en courant. Ils ont regardé partout, dans nos cours et sous les balcons », raconte Gina Di Frushia, qui réside dans une maison voisine. La jeune fille aurait été retrouvée dans un parc voisin plus tard dans la soirée.

Ils ont deux jeunes enfants… C’est terrible: ils viennent de perdre leur mère et leur père.

 

Dans l’immeuble de 14 logements où la famille résidait depuis plus de trois ans, les voisins décrivent un couple discret, certains avaient même l’impression qu’il venait d’emménager.

« L’homme dégageait quelque chose d’agressif. Lorsque je le saluais, il ne répondait pas. Je n’ai donc jamais vraiment eu de conversation avec eux », mentionne Sharif Mahmudul Hasan, qui habite au même étage que le couple. Tariq Chaudrey, un voisin qui habite l’appartement au-dessous de celui du couple, mentionne qu’il n’a rien entendu d’inhabituel. « Je les ai vus plusieurs fois. Je ne sais pas comment cela a pu arriver. Nous nous sentons très mal. Si j’avais entendu quelque chose, j’aurais appelé la police », dit-il.

En rentrant du travail, Renu Zani, dont le mari est un proche du suspect, était sous le choc lorsqu’elle a vu le périmètre de sécurité devant chez elle. « Ils ont deux jeunes enfants… C’est terrible : ils viennent de perdre leur mère et leur père », a-t-elle confié.

 

Besoin d’aide ?

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez contacter SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010.



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