Demande d’action collective contre Uber Eats au Québec

L’entreprise Uber Eats n’a cessé de voir ses revenus grimper depuis 2014, pour atteindre 4,8 milliards de dollars américains l'an dernier. 
Photo: Alxey Pnferov Getty Images L’entreprise Uber Eats n’a cessé de voir ses revenus grimper depuis 2014, pour atteindre 4,8 milliards de dollars américains l'an dernier. 

Une résidente de Longueuil a déposé cette semaine une demande d’action collective devant la Cour supérieure du Québec contre l’entreprise de livraison de repas Uber Eats, qui réclamerait des frais de service plus élevés que ceux prévus dans sa politique.

Le site Web de la multinationale, qui compte des dizaines de millions de clients à travers le monde, souligne que des frais de service de 10 % s’appliquent à chaque commande, avec un minimum de 2 $ et un maximum de 4 $.

Or, la cliente Fay Leung, à l’origine d’une demande introductive d’instance déposée plus tôt cette semaine, a constaté avoir payé à de nombreuses reprises dans les derniers mois des frais de service qui ne correspondent pas aux critères définis par l’entreprise. Dans le document de 20 pages que Le Devoir a pu consulter mercredi, la résidente de Longueuil souligne, images à l’appui, avoir dû débourser récemment des frais de service de 4 $ pour un repas coûtant 29,99 $ provenant d’un restaurant asiatique. Or, ces frais auraient plutôt dû s’élever à 3 $ pour représenter 10 % de la facture, soulignent les documents de cour, qui rapportent d’autres cas similaires.

Selon la demanderesse, qui est représentée par le cabinet d’avocats Lambert, il est donc « probable » que l’entreprise Uber Eats ait généré « des revenus de plusieurs milliers de dollars en adoptant ce comportement répréhensible » à l’endroit de ses nombreux clients québécois. Fay Leung réclame donc que « toutes les personnes résidant au Québec qui ont effectué une transaction sur l’application mobile Uber Eats » et qui ont payé des frais de service « en trop » se voient rembourser ceux-ci.

La demande d’action collective réclame par ailleurs un dédommagement de 50 $ « par membre, par transaction, à titre de dommages punitifs ».

Jointe par Le Devoir, l’entreprise s’est faite avare de commentaires sur la demande d’action collective intentée par Fay Leung. « Nous allons analyser la demande avant de faire tout commentaire sur celle-ci. Uber Eats informe les consommateurs de tous les frais liés à leurs achats avant que ceux-ci effectuent leur commande », a indiqué un porte-parole par courriel.

Une autre action

En janvier dernier, un restaurateur avait d’autre part entamé une action collective contre plusieurs plateformes de livraison, dont Uber Eats, DoorDash et SkipTheDishes. Celle-ci demandait de réduire les commissions imposées par ces entreprises aux restaurateurs. Québec a depuis imposé un plafond de 15 % pour les frais de livraison imposés, une mesure qui devrait toutefois prendre fin au terme de la pandémie.

Depuis son lancement en 2014, le service Uber Eats n’a cessé de voir ses revenus grimper. Ceux-ci ont par ailleurs explosé l’an dernier, dans le contexte de la pandémie, pour atteindre 4,8 milliards de dollars américains à l’échelle mondiale, contre 1,9 milliard en 2019.

4,8 milliards
Ce sont, en dollars américains, les revenus d’Uber Eats en 2020 à l’échelle mondiale, contre 1,9 milliard en 2019.

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