Confusion autour de l’exemption de la quarantaine pour les voyageurs

Le nombre de visiteurs entrant au Canada a augmenté progressivement depuis que les restrictions de voyage ont commencé à s’assouplir pour les personnes entièrement vaccinées, mais beaucoup de confusion perdure au sujet de qui peut être exempté de la quarantaine.

Malgré tous les efforts de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour faire connaître ses exigences, environ la moitié des personnes demandant l’exemption de la quarantaine ont dû être refoulées, a déclaré Denis Vinette, vice-président de la Direction générale des voyageurs de l’ASFC.

« C’est une question, je pense, de gens qui ne comprennent pas les règles », a-t-il expliqué en entrevue.

Seuls les citoyens canadiens, les résidents permanents et les ressortissants étrangers admissibles qui ont reçu leur dernière dose d’un vaccin approuvé par Santé Canada (Pfizer-BioNTech, Moderna, Oxford-AstraZeneca ou Johnson & Johnson) depuis au moins deux semaines sont exemptés de quarantaine.

Le Canada a mis en place des exceptions pour les ressortissants étrangers qui sont des membres de la famille immédiate d’un citoyen canadien ou d’un résident permanent, ainsi qu’un processus permettant aux membres de la famille élargie et aux étudiants internationaux de faire une demande d’entrée.

Parmi ceux qui se sont vu refuser l’exemption la semaine dernière, la plupart n’avaient reçu qu’une seule dose d’un vaccin à deux doses, n’avaient pas attendu les 14 jours requis après leur dernière injection ou avaient reçu un vaccin non autorisé au Canada, a déclaré M. Vinette.

L’ASFC tient à s’assurer que les gens comprennent ce qui a changé et ce qui n’a pas changé, afin d’éviter des retards excessifs ou des bouchons aux points de contrôle frontaliers, a-t-il ajouté.

Les voyageurs sont également tenus d’utiliser l’application ArriveCAN ou le portail en ligne pour soumettre leurs informations vaccinales et les résultats d’un test COVID-19 négatif effectué au maximum trois jours avant le départ. L’application est accessible par l’entremise d’Apple ou d’Android, ou en ligne sur le site Internet du gouvernement fédéral. Les voyageurs doivent utiliser la dernière version de l’application, qui a été mise à jour lorsque les règles ont changé.

Hausse de l’achalandage

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a déclaré que le trafic entrant la semaine dernière avait augmenté d’environ 25 % après la levée des règles de quarantaine, lundi dernier, pour certains voyageurs.

M. Vinette a cependant mentionné que les retards n’ont pas été importants, sauf aux postes frontaliers très fréquentés, comme Windsor-Detroit, Fort Erie en Ontario et le Pacific Highway en Colombie-Britannique, où les temps d’attente pouvaient atteindre 45 minutes.

« Nous demandons aux gens d’être patients à la frontière s’ils constatent qu’il y a de longues files d’attente, a prévenu M. Vinette. C’est notre premier test, surtout dans l’environnement frontalier terrestre. »

Quant à savoir quand les restrictions seront assouplies de nouveau, la question reste en suspens.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré jeudi qu’il n’avait pas l’intention de compromettre la sortie de crise du Canada en ouvrant prématurément la frontière. Il a dit que la prochaine étape serait d’assouplir les restrictions imposées aux voyageurs entièrement vaccinés qui ne sont pas canadiens, mais n’a pas précisé quand cela pourrait se produire.

Au sud de la frontière, la patience pour le retour des visiteurs canadiens est à bout de souffle.

Le chef de la majorité au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, qui représente l’État frontalier de New York, a exhorté les deux pays à élaborer un plan mutuel pour rouvrir la frontière dès que possible. En l’absence d’entente, il serait prêt à ce que les États-Unis prennent des mesures unilatérales.

« Si un accord ne peut pas être trouvé […], les États-Unis devront faire deux choses », a déclaré M. Schumer dans un communiqué la semaine dernière, « élargir la définition de voyage essentiel pour inclure les citoyens canadiens vaccinés ayant des intérêts familiaux, immobiliers, éducatifs, médicaux ou commerciaux [aux États-Unis] et ouvrir unilatéralement la frontière nord aux Canadiens vaccinés ».

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