Les deux mètres maintenus lundi dans les restaurants et les bars

Le risque de propagation de la COVID-19 est toutefois beaucoup plus élevé dans les restaurants et les bars qu’il ne l’est dans les commerces de détail.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le risque de propagation de la COVID-19 est toutefois beaucoup plus élevé dans les restaurants et les bars qu’il ne l’est dans les commerces de détail.

Les restaurants et les bars espéraient accueillir plus de clients dès lundi en faisant passer de deux à un mètre la distanciation physique à faire respecter par leurs clients de résidences différentes, comme ce sera le cas dans les commerces de détail. Ils ont toutefois constaté avec désarroi jeudi qu’ils étaient exclus de cet assouplissement.

Lundi prochain, la distanciation physique à respecter entre les personnes de résidences différentes sera abaissée de deux mètres à un mètre, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cette mesure s’appliquera notamment aux commerces de détail et dans les auditoires qui disposent de places fixes pour assister à des matchs sportifs, dont la capacité sera ainsi augmentée.

Le communiqué diffusé mercredi par le ministère de la Santé et des Services sociaux ne faisait toutefois aucune mention des bars et des restaurants de la province, qui ont constaté par la suite qu’ils devront continuer à maintenir une distanciation physique de deux mètres entre leurs tables, sauf si des cloisons les séparent. Une information qu’a confirmée le cabinet du ministre Christian Dubé au Devoir jeudi soir.

« Ça nous déçoit. On demande qu’il y ait une révision [de cette décision]. Dans les commerces de détail, on va appliquer le un mètre. On ne comprend pas pourquoi la restauration ne peut pas elle aussi appliquer une distance d’un mètre entre les tables », laisse tomber le responsable des communications et des affaires publiques à l’Association Restauration Québec, Martin Vézina. Ce dernier souligne qu’une réduction de la distanciation minimale entre les tables permettrait aux restaurants de réaliser plus de profits, au moment où « la saison touristique » s’amorce.

« Sur les terrasses, si on peut réduire à un mètre, on peut mettre plus de chaises, plus de tables, donc on a une plus grande capacité. À l’intérieur aussi, c’est la même situation. Ce ne sont pas tous les restaurants qui sont dotés de plexiglas pour réduire la distance entre les tables », explique M. Vézina, qui tentera dans les prochains jours de convaincre Québec de changer d’idée.

« Inacceptable »

L’indignation du président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, était d’ailleurs palpable jeudi soir.

« C’est inacceptable qu’on se fasse pénaliser encore une fois et qu’on ne puisse pas être comme les autres commerçants qui pourront passer à un mètre de distance », lance-t-il au bout du fil. « On veut avoir les mêmes privilèges que les autres commerces », insiste M. Sergakis, qui entend « écrire au premier ministre [François Legault] » vendredi pour lui demander d’accorder cet assouplissement aux bars et aux restaurants.

En entrevue, l’épidémiologiste Nimâ Machouf souligne cependant que le risque de propagation de la COVID-19 est beaucoup plus élevé dans les restaurants et les bars qu’il ne l’est dans les commerces de détail. « Le problème avec les restaurants et les bars, c’est que les gens ne portent pas le masque » lorsqu’ils sont assis à table, souligne-t-elle. Les clients de ces établissements ont aussi tendance à y rester « plusieurs heures », ce qui augmente également le risque de transmission, tandis que le passage des clients est bien plus court dans une épicerie, par exemple, ajoute l’experte.

« Je comprends que les restaurants et les bars ne soient pas contents de cette directive, mais ils ne peuvent pas se comparer à d’autres types de commerces », tranche Mme Machouf.

La distanciation physique de deux mètres sera par ailleurs maintenue dans les salles d’entraînement et pour les autres activités « à intensité élevée », comme les pratiques de chant.

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