Le lien ferroviaire entre Schefferville et Sept-Îles sera modernisé

La Banque de l’infrastructure du Canada prêtera 50 millions de dollars à long terme à Tshiuetin.
Photo: William Davies Creative Commons La Banque de l’infrastructure du Canada prêtera 50 millions de dollars à long terme à Tshiuetin.

Les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé jeudi des sommes importantes pour moderniser le lien ferroviaire Tshiuetin, entre Schefferville et Sept-Îles.

Première compagnie de chemin de fer détenue par des Premières Nations, Transport ferroviaire Tshiuetin exploite le service de train de passagers sur les 574 kilomètres qui séparent les deux villes. Elle possède aussi 200 kilomètres de voies entre Emeril, au Labrador, et Schefferville, au Québec, depuis 2005.

La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) prêtera 50 millions de dollars à long terme à Tshiuetin. Québec investira aussi 5 millions de dollars sous forme de prêt remboursable au cours des deux prochaines années, tandis que Transport Canada maintient ses subventions annuelles.

« C’est un bel exemple de gens du milieu qui prennent en charge le développement socio-économique », a souligné le ministre des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien.

Le chemin de fer apporte non seulement des avantages économiques, mais il est le seul lien terrestre pour plusieurs communautés, a quant à lui insisté Marc Miller, ministre fédéral des Services aux Autochtones : « Les collectivités innues Takuaikan Uashat mak Mani-utenam, la nation innue de Matimekush-Lac John et la nation naskapie de Kawawachikamach seront mieux connectées par un chemin de fer amélioré et moderne. »

Les trois chefs autochtones présents ont soulevé le besoin de renouveler la flotte de voitures, en plus d’améliorer les voies ferrées. « Notre équipement est vraiment dépassé », a dit le chef naskapi Noah Swappie, de Kawawachikamach, tout en saluant les investissements. « Pour les prochaines étapes, on veut un train de passage confortable et sécuritaire. C’est le minimum que les gens demandent », a quant à lui fait savoir le chef innu Réal McKenzie, de Matimekush-Lac John.

Plus au sud, tout près de Sept-Îles, le chef Mike McKenzie de la communauté Uashat mak Mani-utenam a souligné que ce projet permettra d’avoir une gare à l’intérieur même de la communauté. « Les Premières Nations veulent avoir leur propre équipement, leurs propres institutions, ainsi qu’un service adapté à leur culture et à leur langue », a-t-il exposé lors de l’annonce.

Il s’agit du premier investissement de la BIC tiré d’une enveloppe d’un milliard de dollars destinée au financement des infrastructures des communautés autochtones du pays, a précisé son p.-d.g., Ehren Cory.

Le chef Mike McKenzie a ajouté que cette modernisation permettra « d’assurer la continuité du mode de vie ancestral avec l’accès au Nitassinan, territoire traditionnel ». Le tourisme pourrait aussi y être développé, a-t-il ajouté. Environ 15 000 personnes empruntent ce lien ferroviaire par année, selon les chiffres avancés par Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec.

Schefferville, ville minière à 500 kilomètres au nord de Sept-Îles, est pratiquement née en même temps que le chemin de fer, inauguré en 1954. Les fermetures de mines du début des années 1980 ont laissé la ville désertée. Mais depuis 2011, la région connaît un nouvel essor avec une remontée du prix du fer et la venue de nouvelles compagnies minières, dont le géant indien Tata Steel. Les trains de cette ligne transportent en effet des matières premières en plus des passagers.

« C’est un territoire qui appartient toujours aux Innus. On était là avant la compagnie minière, pendant l’exploitation et on est encore là aujourd’hui », a illustré le chef Réal McKenzie.

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