Des statues renversées en réaction aux horreurs des pensionnats

La statue de la reine Victoria, une importante structure située non loin de l’Assemblée législative du Manitoba, a été décapitée et aspergée de peinture rouge.
Photo: Kelly Geraldine Malone La Presse canadienne La statue de la reine Victoria, une importante structure située non loin de l’Assemblée législative du Manitoba, a été décapitée et aspergée de peinture rouge.

Les statues de la reine Victoria et de la reine Élisabeth II, érigées sur la pelouse de l’Assemblée législative du Manitoba, à Winnipeg, ont été renversées jeudi lors d’une manifestation en hommage aux victimes et aux survivants des pensionnats fédéraux pour enfants autochtones.

Des manifestants ont utilisé des cordes, nouées autour des deux sculptures, pour les renverser au sol ce jeudi, jour de la fête du Canada.

La statue de la reine Victoria, une importante structure près de l’entrée principale du parc, a été décapitée et aspergée de peinture rouge. Des empreintes de mains rouges ont aussi été imprimées sur son socle.

Sur les marches derrière les socles des deux statues, des manifestants avaient disposé des centaines de petites paires de chaussures, en hommage aux enfants autochtones enlevés à leur famille et forcés de fréquenter les pensionnats.

Le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas, participait à un autre événement jeudi. Il s’est dit choqué par ce qui s’est passé sur la colline Parlementaire à Winnipeg, même s’il admet que les dernières semaines ont été éprouvantes pour bien des gens. « Personnellement, je n’y aurais pas participé, a-t-il dit vendredi. C’est malheureux qu’ils aient choisi de s’exprimer comme ils l’ont fait. Mais c’est en fait un symbole du fait qu’il y a beaucoup de mal et qu’il y a beaucoup de frustration et de colère par rapport à la façon dont les choses se sont passées. »

 
Photo: Chad Hipolito La Presse canadienne À Victoria, une statue du capitaine James Cook a été démantelée et jetée dans le port. Elle a été remplacée par une œuvre en bois d’une robe rouge, symbole des femmes autochtones assassinées et disparues.

Le premier ministre, Brian Pallister, a qualifié les actes de vandalisme d’inacceptables. « C’est un revers majeur pour ceux qui travaillent à une véritable réconciliation et ça ne contribue en rien à faire avancer cet objectif important », a indiqué M. Pallister dans un communiqué.

Le chef Dumas se dit prêt à participer au remplacement de ces statues à l’Assemblée législative, « peut-être d’un monument qui nous reflète davantage », a-t-il dit. « Les statues peuvent être remplacées, mais les enfants que nous avons perdus ne reviendront jamais. »

Le gouvernement du Manitoba avait l’intention d’ériger une statue du chef Peguis sur les terrains de l’Assemblée législative. Cette décision, annoncée en octobre dernier, vise à commémorer la signature du premier traité avec les Autochtones dans l’Ouest canadien, en 1817.

D’autres gestes ailleurs au pays

De nombreuses célébrations prévues pour la fête du Canada ont été réduites à une formule plus sobre, ou carrément annulées, par solidarité avec les Autochtones.

Au cours des dernières semaines, des centaines de sépultures anonymes, que l’on croit être celles d’enfants qui ont fréquenté les pensionnats, ont été découvertes sur divers sites de ces anciens établissements en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

On a signalé aussi d’autres actes de vandalisme au pays. Une statue de la reine Victoria à Kitchener, en Ontario, a été aspergée de peinture rouge.

À Victoria, en Colombie-Britannique, une statue du capitaine James Cook a été démantelée et jetée dans le port. La statue a été remplacée par une œuvre en bois d’une robe rouge, symbole des femmes autochtones assassinées et disparues, et des empreintes de mains rouges ont été imprimées sur son socle.

À St. John’s, deux importants immeubles et un monument en hommage aux forces policières locales ont été aspergés de peinture rouge.

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