La région n’est pas épargnée par la crise du logement

Aucune région n’est aussi affectée par ces problèmes que les Îles-de-la-Madeleine, où le taux d’inoccupation pour plusieurs types de logements se situe à 0%.
Photo: Adrien Le Toux Getty Images Aucune région n’est aussi affectée par ces problèmes que les Îles-de-la-Madeleine, où le taux d’inoccupation pour plusieurs types de logements se situe à 0%.

Ce n’est pas une mince tâche, en 2021, de trouver un appartement à Saint-Donat, dans Lanaudière, et encore moins un logement abordable. Un certain exode urbain a entraîné une hausse de la demande de logements dans cette municipalité située à 130 kilomètres au nord de Montréal, causant une pénurie pour les jeunes travailleurs de l’industrie touristique de la région.

« Des appartements abordables ? Il n’y en a plus, ou bien ils sont très, très rares et de mauvaise qualité », a dit le maire, Joé Deslauriers, en entrevue.

La plupart des baux expirent le 1er juillet au Québec, provoquant une course effrénée pour des logements à ce temps-ci de l’année. De plus en plus, même les petites villes et les régions rurales subissent une forme de crise du logement. Des données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement en mai ont révélé que le taux d’inoccupation pour les appartements dans les villes de moins de 10 000 personnes se situait à 1,5 % au Québec — le plus bas au Canada.

Des représentants de municipalités expliquent que la pandémie de COVID-19 n’a pas créé ce problème, mais a exacerbé des problèmes déjà existants. Parmi ceux-ci, il y a le manque d’immeubles de logements dans les petites villes, la flambée des prix de l’immobilier, la popularité des sites Web de location, comme Airbnb, et la difficulté d’attirer des promoteurs.

Une situation critique dans l’Est

Aucune région n’est aussi affectée par ces problèmes que les Îles-de-la-Madeleine, où le taux d’inoccupation pour plusieurs types de logements se situe à 0 %, selon le député péquiste Joël Arseneau. Les prix des maisons sur l’archipel ont grimpé de 60 % dans la dernière année, a-t-il dit, ajoutant que la plupart des acheteurs sont des résidents saisonniers ou des gens qui veulent louer les maisons pour en tirer profit.

M. Arseneau a aidé à mettre en place une équipe de crise plus tôt cette année après avoir reçu une quarantaine d’appels de gens qui se seraient retrouvés « à la rue » ou qui auraient été forcés de vivre dans une tente pendant l’été.

Le député a indiqué qu’il collaborait avec des représentants municipaux pour que plus de logements soient construits. Une loi adoptée par l’Assemblée nationale l’an dernier a donné le droit à la municipalité de subventionner les taxes foncières des promoteurs qui construiraient des logements locatifs. Un autre programme qui permettra de subventionner des coûts de construction devrait bientôt être proposé.

Même si certains promoteurs ont signalé leur intérêt, la construction dans cette région est difficile en raison de son isolement, des coûts élevés, des surfaces limitées et de la pénurie de main-d’œuvre, selon M. Arseneau.

La situation est aussi grave dans le Bas-Saint-Laurent, où le taux d’inoccupation pour les appartements de trois chambres à Rimouski a chuté à 0,2 %. Cela ne laisse « presque aucun appartement pour les familles », selon le porte-parole du Comité Logement Rimouski-Neigette, Alexandre Cadieux. Le bas taux d’inoccupation de la région permettrait aux propriétaires d’adopter une approche discriminatoire, certains refusant de louer à de nouveaux arrivants ou à des familles de plusieurs enfants.

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