Les Oblats et les Soeurs de Saint-Joseph promettent d’ouvrir leurs livres

Les Oblats de Marie-Immaculée et les Sœurs de Saint-Joseph, qui ont tous deux participé à la gestion du pensionnat autochtone de Marieval, en Saskatchewan, ont dit vendredi vouloir ouvrir leurs livres — quand ce n’est pas déjà fait.

Les missionnaires oblats, qui ont créé et administré 48 écoles du genre, ont déclaré qu’ils rendraient publiques toutes leurs archives sur la question au lendemain de la découverte de 751 sépultures non identifiées près de l’ancien pensionnat situé sur le territoire de la Première Nation Cowessess.

Dans un communiqué, l’ordre dit déjà œuvrer à rendre disponibles ces documents par le biais des universités et de la Commission de vérité et réconciliation.

Le travail n’est pas toutefois pas encore terminé en raison de complications liées aux différentes lois sur la protection de la vie privée, plaident-ils. « Nous reconnaissons en outre que ces retards peuvent entraîner une méfiance, une détresse et un traumatisme continus chez les Autochtones de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du reste du pays », indique le communiqué.

Sans le savoir et sans le vouloir [les Soeurs de Saint-Joseph] ont participé au mouvement de colonialisme instauré à l’époque et ainsi contribué à la perte d’identité que dénoncent, avec raison, les Premières Nations.

 

Les Oblats promettent aussi de ne pas bloquer l’accès aux documents historiques dont ils disposent.

De son côté, la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph, qui s’est occupé pendant plusieurs années du fonctionnement du pensionnat de Marieval, affirme que ses archives, qui ont été déposées à la Société historique de Saint-Boniface, au Manitoba, sont « déjà ouvertes au grand public ».

« Sans le savoir et sans le vouloir [les Sœurs de Saint-Joseph] ont participé au mouvement de colonialisme instauré à l’époque et ainsi contribué à la perte d’identité que dénoncent, avec raison, les Premières Nations », a écrit la relationniste Pauline Vertefeuille, dans une courte déclaration exprimant le désarroi de la congrégation qui a pignon sur rue à Saint-Hyacinthe.

Le document transmis au Devoir ne contient toutefois pas d’excuses. Les sœurs y expriment plutôt leur « immense tristesse et [leur] profond regret à la suite de la découverte de plus de 750 tombes anonymes sur le site du pensionnat autochtone de Marieval, en Saskatchewan ».

Le pensionnat de Marieval a été construit en 1899 par des missionnaires oblats de l’Église catholique. Le gouvernement fédéral l’a financé à compter de 1901. Les Sœurs de Saint-Joseph l’auraient administré de 1901 à 1979, selon les archives du diocèse de Regina. L’établissement a été fermé en 1997, après avoir été sous la responsabilité de la Première Nation de Cowessess pendant 10 ans.

Les Oblats se sont excusés en 1991 pour leur rôle dans le système des pensionnats autochtones (ce que l’Église catholique n’a toujours pas fait), sans toutefois donner accès au Codex historicus, qui explicite les activités des missionnaires de la congrégation.

Avec La Presse canadienne 

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