Québec ouvrira deux nouveaux refuges pour itinérants à Montréal

Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a confirmé vendredi l’ouverture prochaine d’un refuge à l’Hôtel-Dieu avec 100 places.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a confirmé vendredi l’ouverture prochaine d’un refuge à l’Hôtel-Dieu avec 100 places.

En prévision de la fermeture prochaine du refuge pour itinérants de l’Hôtel Dupuis, Québec compte ouvrir deux nouveaux sites pour accueillir les sans-abri cet été. L’Hôtel-Dieu disposera de 100 lits à compter du 1er juillet. Au cours des prochains mois, l’Auberge Versailles accueillera aussi des itinérants.

Ouvert depuis novembre dernier, le refuge de l’Hôtel Dupuis accueillait à l’origine 380 sans-abri. Au printemps, le nombre a été réduit à environ 180 personnes, compte tenu notamment des travaux de rénovation en cours et des changements dans les services offerts. Sa fermeture est toutefois prévue pour le 30 juin prochain puisque le contrat conclu entre l’hôtel et la Ville de Montréal prend fin à cette date.

Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a confirmé vendredi l’ouverture prochaine d’un refuge à l’Hôtel-Dieu avec 100 places. Si nécessaire, il pourrait accueillir 200 personnes dans les prochains mois.

Des travaux sont également en cours à l’Auberge Versailles qui disposera de 100 places dans les prochains mois, mais Québec ne précise pas de date d’ouverture. D’autres lits pourraient être ajoutés par la suite, indique-t-on.

« C’est une bonne nouvelle », estime Samuel Watts, président de la Mission Bon Accueil qui pilotait, avec d’autres partenaires, le refuge de l’Hôtel Dupuis. « Nous allons pouvoir continuer à appliquer notre approche de santé urbaine. »

Car selon lui, l’hébergement temporaire des itinérants ne suffit pas et il est nécessaire d’accompagner les sans-abri afin de les aider à trouver un logement permanent. Depuis le début de la pandémie, 280 personnes ont ainsi pu être relogées dans des appartements permanents et elles ont bénéficié de soutien au loyer et de soutien psychosocial dans le cadre du programme baptisé Bienvenue, dit-il. « Ça aide beaucoup parce que ce sont des personnes qui n’ont plus besoin des services d’urgence [des refuges]. Mais on n’a pas trouvé le “robinet”. On a toujours des nouveaux », signale néanmoins M. Watts.

Président de la Old Brewery Mission, James Hughes juge qu’il était important d’éviter une rupture de services après la fermeture du refuge de l’hôtel Dupuis. « Ce qui nous a été présenté est fort intéressant et très prometteur. Je pense que le modèle qui sera mis en place sera encore mieux que ce qui était offert à l’Hôtel Dupuis », a-t-il indiqué au Devoir, en évoquant la possibilité que des services puissent être offerts toute la journée.

Pour la Société de développement commercial (SDC) de la rue Sainte-Catherine Est, la fermeture du refuge de l’Hôtel Dupuis coïncide avec une reprise des activités sur l’artère durement éprouvée par la pandémie, la rareté de travailleurs au centre-ville et la fermeture prolongée des bars et des restaurants. « C’est justifié que l’immeuble de la place Dupuis revienne à sa vocation commerciale », estime Gabrielle Rondy, directrice des communications à la SDC. « C’est sûr qu’à la SDC, on est inquiets des retombées de la fermeture sur la mixité sociale du Village. » Selon elle toutefois, la présence sur le terrain de plusieurs organismes, de même que des agents d’accueil, qui font depuis janvier le pont entre les organismes, les policiers, les commerçants et la population marginalisée, a permis de faciliter la cohabitation dans les derniers mois.

Les nouveaux refuges n’empêcheront peut-être pas l’apparition de nouveaux campements, reconnaît Samuel Watts. « On a toujours des craintes. Quand je vois des campements, ça m’attriste parce que 2021 à Montréal, on devrait être capable d’offrir une solution qui est supérieure à du camping urbain. Il y a toujours des personnes qui veulent être dehors, mais c’est une minorité. Si on était en mesure d’offrir un logement abordable, salubre et accessible, je suis convaincu que la majorité des itinérants voudraient y avoir accès. »

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