Québec bonifie le programme de supplément au loyer à l’approche du 1er juillet

Les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement montrent des taux d’inoccupation bien en deçà du seuil d’équilibre dans presque toutes les villes québécoises, qui sont de ce fait aux prises avec une pénurie de logements locatifs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement montrent des taux d’inoccupation bien en deçà du seuil d’équilibre dans presque toutes les villes québécoises, qui sont de ce fait aux prises avec une pénurie de logements locatifs.

S’il peine à reconnaître l’existence d’une crise du logement, le gouvernement Legault admet tout de même qu’il y a un problème puisqu’il annonce une bonification de dernière minute de l’aide aux locataires dans le besoin.

À trois semaines du 1er juillet, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, bonifie l’enveloppe du Programme de supplément au loyer (PSL) de 60 millions de dollars et assouplit les critères d’admissibilité afin d’offrir ce supplément à 2500 ménages de plus.

Ainsi, 1500 ménages pourront obtenir bénéficier du PSL d’urgence, qui permet à un ménage de ne payer que 25 % de son revenu en loyer, mais dans un logement qui peut être jusqu’à 50 % plus cher que le prix du loyer médian du marché de la municipalité où il habite. Parmi ces aides d’urgence par le PSL, 400 sont réservées à des personnes en situation d’itinérance et 100 à des femmes victimes de violence conjugale.

Les 1000 autres subventions du PSL rendues disponibles visent à soutenir des ménages qui pourront se dénicher un logement dont le loyer est de 10 % plus élevé que le prix du loyer médian du marché de leur municipalité.

2 millions pour les municipalités

De plus, une somme de 2 millions de dollars est accordée aux municipalités pour que celles-ci puissent venir en aide aux ménages en détresse sur leur territoire. Le communiqué publié par le bureau de Mme Laforest donne les exemples de l’hébergement temporaire et de l’entreposage de biens. Aussi, Québec élimine le critère du taux d’inoccupation pour que les municipalités puissent avoir droit à ces fonds. De toute façon, les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) montrent des taux d’inoccupation bien en deçà du seuil d’équilibre dans presque toutes les villes québécoises, qui sont de ce fait aux prises avec une pénurie de logements locatifs.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) n’a pas tardé à réagir, disant accueillir positivement ce plan d’action de la ministre Laforest, pour soutenir les ménages à la recherche d’un logement. L’UMQ souligne d’ailleurs que « toutes les régions sont aux prises avec des besoins importants en matière de logement ».

Les ménages qui n’arrivent pas à se loger peuvent demander l’aide de la Société d’habitation du Québec (SHQ), dont les horaires ont été prolongés pour les fins de semaine du 26 au 27 juin et du 3 au 4 juillet. Le personnel de la SHQ peut être joint sans frais au 1- (800)-463-4315.

Les Offices municipaux d’habitation sont également mobilisés pour offrir des services d’urgence aux locataires dans le besoin le 1er juillet. Depuis le 31 mai, ceux-ci sont habilités à signer des baux afin de constituer une provision de logements disponibles pour des ménages dans le besoin.

Plusieurs annonces de construction de logements sociaux et abordables ont été faites par tous les ordres de gouvernement depuis quelques mois, mais ceux-ci tardent à voir le jour, pendant que le marché privé s’emballe et que les ménages peinent à suivre les pressions à la hausse des loyers. La situation s’est aggravée au fil des ans, notamment parce que de nombreux logements ont été sortis du marché par la conversion en condominiums et la location touristique à court terme de type AirBnb.

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