Lionel Carmant veut réduire le recours systématique à la DPJ pour les enfants en difficulté

«Nous, ce qu’on veut, c’est que le réflexe, ça devienne d’appeler les intervenants de première ligne», a fait valoir Lionel Carmant, favorisant une «prise en charge» des jeunes en difficulté par le réseau, «pour éviter les signalements».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Nous, ce qu’on veut, c’est que le réflexe, ça devienne d’appeler les intervenants de première ligne», a fait valoir Lionel Carmant, favorisant une «prise en charge» des jeunes en difficulté par le réseau, «pour éviter les signalements».

Il faut briser le réflexe qui consiste à prendre le téléphone pour faire un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dès qu’on soupçonne qu’un enfant puisse être négligé ou maltraité.

« Il faut que la DPJ arrête d’être la salle d’urgence » de la jeunesse en difficulté, clame le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

Sa solution de rechange : accroître les services sociaux destinés aux jeunes et aux familles vulnérables.

Le ministre a annoncé mercredi qu’il était prêt à allonger 28,5 millions de dollars afin de réduire les délais d’attente pour obtenir divers services sociaux destinés aux jeunes vulnérables, et ainsi « éviter que les situations dégénèrent », a-t-il commenté en mêlée de presse.

M. Carmant a dit que cette annonce s’inscrivait en droite ligne avec les recommandations inscrites dans le rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, pilotée récemment par Régine Laurent.

Le ministre croit que les sommes annoncées auraient le mérite d’agir « en amont », en offrant des services aux familles en difficulté pendant qu’il en est encore temps et avant que la DPJ doive intervenir.

En principe, un accès plus facile et plus rapide devrait être rendu possible pour obtenir des services de première ligne et, concrètement, le résultat serait idéalement d’alléger la pression sur la DPJ.

« Nous, ce qu’on veut, c’est que le réflexe, ça devienne d’appeler les intervenants de première ligne », a fait valoir Lionel Carmant, favorisant une « prise en charge » des jeunes en difficulté par le réseau, « pour éviter les signalements ».

Il a insisté pour dire que normalement un signalement à la DPJ devrait être vu comme « la dernière ligne » de service, donc un dernier recours, et non un premier réflexe dès qu’un problème survient.

Le ministre a rappelé que la DPJ n’offrait pas de services, son mandat étant de prendre en charge les enfants en difficulté.

Il reviendra au réseau de la santé et des services sociaux de signer au besoin des ententes de services avec des partenaires chargés de recruter des intervenants et offrir les services de proximité requis.

« Cet investissement servira tout particulièrement à améliorer les délais d’accès aux services de proximité, à augmenter le taux de prise en charge et, ainsi, à éviter que la situation des enfants ne se détériore », a fait valoir M. Carmant.

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