Impatience pour l’implantation de la preuve vaccinale

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, ouvre la porte à l’octroi de petits « avantages », de petits « bénéfices » aux détenteurs d’une preuve vaccinale advenant le resserrement des mesures sanitaires après l’arrivée d’une quatrième vague de COVID-19.

Une personne ayant reçu deux doses de vaccin — ou une seule dose si elle a eu la COVID-19 — pourrait se voir imposer « moins de contraintes en cas notamment d’une autre vague qui pourrait réapparaître à l’automne », a-t-il expliqué en conférence de presse mardi.

« Le fait d’avoir le passeport vaccinal ou d’avoir la preuve de vaccination va changer probablement le type d’intervention qu’on va faire : moins d’isolement… », a mentionné le Dr Arruda, avant de couper court à l’énumération dans laquelle il s’était lancé. « S’il y avait les avantages, ce serait des bénéfices qu’on n’appellerait pas majeurs », a-t-il par la suite précisé.

Le sous-ministre adjoint à la santé et aux services sociaux prône « un usage adéquat, bien balancé » de la preuve vaccinale : une retenue qui irrite plus d’un membre de l’équipe de François Legault.

Horacio Arruda rejette catégoriquement l’idée de limiter l’accès à l’emploi ou encore à la formation aux détenteurs d’une preuve vaccinale. « Nos principes demeurent les mêmes, c’est-à-dire s’assurer d’une bonne qualité de l’information, mais aussi ne pas brimer les [droits des] individus », a-t-il ajouté.

Les réticences de la Direction générale de santé publique s’ajoutent à celles de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et de la Protectrice du citoyen.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, ne se satisfait pas des avancées faites à ce jour par la direction générale de santé publique sur le front de la preuve vaccinale. « J’ai eu un premier projet que je trouvais satisfaisant, mais qu’on doit raffiner un petit peu », a-t-il affirmé, après avoir repoussé l’annonce sur l’emploi de la preuve vaccinale prévue cette semaine.

L’élu caquiste est persuadé que la délivrance d’un document attestant qu’une personne est « adéquatement vaccinée » « va encourager beaucoup les gens à avoir une deuxième dose » à moins qu’elles aient contracté la COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Chose certaine, la délivrance des quelque 4 millions de preuves de premières doses vaccinales n’a pas été faite en vain, selon le gouvernement québécois. Le document pourra selon toute vraisemblance être brandi prochainement par les voyageurs internationaux, et ce, si le gouvernement canadien embrasse le passeport vaccinal.

Les voyageurs « adéquatement vaccinés » bénéficieraient d’« un très gros avantage » à leur retour au pays : ils seraient dispensés de se mettre en quarantaine pendant 14 jours, dont un séjour obligatoire de trois jours dans un hôtel autorisé, a mentionné le ministre de la Santé. « D’ici quelques semaines, on pourrait avoir une première application de notre preuve vaccinale dans un passeport vaccinal, mais pour fins de voyage », a-t-il prédit.

Le premier ministre François Legault a de son côté évoqué la possibilité de lever les contraintes au voyage « pour les personnes qui auraient [reçu] deux doses […] au mois de juillet », soit avant de « rouvrir les frontières » à partir de la fin du mois d’août. « Ça fait partie des discussions. Il n’y a rien de conclu pour l’instant », a-t-il pris soin de préciser à la presse.

Attention, les voyageurs de retour au Québec devront également se soumettre à des tests de dépistage de la COVID-19 avant et après leur retour au Québec, a averti le numéro un de la Santé publique, Horacio Arruda. « Les gens qui viennent de l’extérieur vont passer des tests avant de partir là-bas et à l’arrivée ici, et même, je vous dirai, au jour 3 et jour 7, et selon le statut vaccinal », a-t-il expliqué, y voyant une mesure barrière aux variants du SRAS-CoV-2 — dont le variant Delta, qui menace la levée des mesures restrictives au Royaume-Uni.

Le report de l’annonce sur l’emploi de la preuve vaccinale s’explique également par la préparation d’un site Web sur lequel les personnes ayant reçu une première dose vaccinale pourront récupérer leur preuve vaccinale assortie d’un code QR si elles ne l’avaient pas reçue par courriel ou texto, a fait remarquer M. Dubé mardi.

À ce jour, environ 1,6 des 5,6 millions de personnes qui ont reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19 ont reçu par courriel ou texto une preuve vaccinale assortie d’un code QR.

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