L’Assemblée nationale adopte une motion dénonçant l’attaque islamophobe de London

Une vigile était prévue mardi soir à la mosquée fréquentée par la famille à London.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Une vigile était prévue mardi soir à la mosquée fréquentée par la famille à London.

L’Assemblée nationale a offert ses condoléances mardi au jeune Faez Afzaal, ce garçon de neuf ans, seul survivant de l’attaque islamophobe perpétrée contre sa famille dimanche soir, à London, en Ontario.

Les élus québécois ont adopté une motion condamnant « sans équivoque toute violence motivée par les convictions idéologiques » et observé une minute de silence en mémoire des quatre victimes.

Un homme de 20 ans de London a été accusé de quatre meurtres au premier degré. Il serait délibérément monté sur un trottoir avec sa camionnette Dodge Ram pour frapper la famille d’origine pakistanaise, avant de prendre la fuite.

La ministre québécoise de l’Immigration, Nadine Girault, a déclaré que l’attaque avait été d’une « lâcheté et barbarie inqualifiables ». Les Québécois ne comprennent que trop bien la douleur qu’elle suscite, a-t-elle souligné.

« Cet événement tragique ravive une blessure ici, chez nous, alors qu’il y a quelques années, nous vivions l’attentat de la mosquée de Québec, qui faisait six victimes, victimes de la haine de l’autre, aussi », a affirmé la ministre.

Elle a dit avoir une pensée pour tous les Québécois de confession musulmane, que l’attaque de London a dû inquiéter. « Sachez que nous sommes à vos côtés et que nous n’accepterons jamais cette haine. »

Mais surtout, les pensées des élus se sont dirigées vers Faez, qui aura perdu son père physiothérapeute, sa mère doctorante en génie civil, sa grande sœur de 15 ans et sa grand-mère.

« Le 6 juin à London, la vie s’est arrêtée. Elle aura pour Faez […] un avant et un après. Cet après nécessitera […] une longue convalescence pour recouvrer sa santé physique, […] émotive et mentale », a souligné le député libéral Monsef Derraji.

« J’aimerais que nous transmettions à Faez un message de compassion et d’espoir, qu’ensemble nous lui disions que de l’autre côté de la frontière, il y a un Parlement qui s’est aussi arrêté un instant pour penser à lui. […] Faez, nous sommes avec toi », a-t-il ajouté.

Soulignant que le petit Faez avait l’âge de son propre fils, le député Andrés Fontecilla, de Québec solidaire, a appelé à dénoncer « haut et fort collectivement et inlassablement ces actes d’une violence innommable ».

Pendant que les autorités mèneront leur enquête, posons-nous des « questions difficiles », a-t-il dit. « Pourquoi tant de jeunes hommes blancs armés […] posent des gestes d’une violence inouïe à l’égard des communautés musulmanes en particulier ?

« Quel lien y a-t-il entre cette violence et le discours haineux et islamophobe que nous entendons encore trop souvent dans notre espace médiatique, numérique et même parfois autour d’un repas de famille ? » a demandé M. Fontecilla.

De son côté, la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, a déclaré que le Québec répondait à l’attaque par un « appel à l’unité ». Une vigile est prévue mardi soir à la mosquée fréquentée par la famille à London.

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