Plus de cyclistes au Québec, malgré la pandémie

Marc Jolicœur, directeur de la recherche chez Vélo Québec, signale tout de même que, malgré la pandémie, le vélo a connu une hausse de popularité et que les aménagements cyclables y sont pour quelque chose.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Marc Jolicœur, directeur de la recherche chez Vélo Québec, signale tout de même que, malgré la pandémie, le vélo a connu une hausse de popularité et que les aménagements cyclables y sont pour quelque chose.

Le Québec compte maintenant 4,5 millions de cyclistes, soit 250 000 de plus qu’il y a cinq ans. Dans son bilan quinquennal dévoilé mardi, Vélo Québec constate toutefois que la pandémie a entraîné une réduction des déplacements à bicyclette l’an dernier.

La pratique du vélo est en progression constante au Québec depuis plus d’une décennie. À la lumière de l’enquête origine-destination réalisée en 2018, d’un sondage Léger et de données recueillies à l’aide de compteurs, Vélo Québec estime que 2,7 millions de Québécois font du vélo toutes les semaines, entre mai et octobre.

En 2020, 56 % des cyclistes étaient des hommes et 44 % des femmes. Depuis 15 ans, on note une croissance notable chez les 55-74 ans, avec un taux de cyclistes qui a presque doublé entre 1995 et 2020, passant de 23 % à 42 %. L’augmentation est encore plus importante dans la population des 65 à 74 ans puisque le taux de cyclistes a triplé, passant de 12 % en 1995 à 34 % en 2020.

Quelque 1,1 million d’enfants enfourchent leur vélo, une donnée en progression depuis 2010, année lors de laquelle une légère baisse avait été constatée.

La crise sanitaire a cependant eu un effet sur les habitudes de déplacements et Vélo Québec estime à 350 000 personnes le nombre de cyclistes qui ont délaissé leur vélo depuis le printemps 2020. Marc Jolicœur, directeur de la recherche chez Vélo Québec, signale tout de même que, malgré la pandémie, le vélo a connu une hausse de popularité et que les aménagements cyclables, dont les pistes unidirectionnelles à Laval, Longueuil et dans d’autres villes québécoises, ainsi que la construction de voies comme le Réseau express vélo (REV) de la rue Saint-Denis à Montréal, y sont pour quelque chose.

« Le message aux municipalités est très simple : il faut continuer à faire la promotion du vélo », avance Marc Jolicœur. « Le vélo est bon pour la santé. Ce n’est pas cher pour les déplacements. C’est de l’argent qui reste dans nos poches plutôt que d’engraisser les compagnies pétrolières ou les fabricants de voitures. […] Les municipalités ont intérêt, pour une question d’attractivité aussi, à faire en sorte d’offrir des aménagements cyclables à leurs citoyens. »

Les aménagements conviviaux pour les cyclistes font partie des critères pris en considération quand vient le temps d’acheter une maison et constituent un avantage pour les employeurs, soutient-il.

Le Québec compterait 7,2 millions de vélos, dont 365 000 vélos électriques, un secteur qui a connu une forte progression depuis 2015. La pandémie a aussi propulsé les ventes. Selon Vélo Québec, les Québécois ont acheté 950 000 vélos en 2020, dont 520 000 pour les enfants, alors que depuis 2000, la moyenne se situait plutôt autour de 600 000 vélos achetés par année.

À voir en vidéo: