Jeux olympiques - Les journalistes mexicains démentent avoir été chassés du Pirée

Athènes — Les deux journalistes mexicains de la chaîne de télévision Televisa qui avaient été arrêtés mardi et «battus», selon eux, par des garde-côtes grecs avant d'être libérés ont démenti hier soir avoir été de nouveau écartés du port du Pirée près d'Athènes, comme l'avait indiqué peu auparavant une source policière.

«Les deux journalistes et leur interprète se trouvaient pendant toute la journée de jeudi [hier] à Nauplie [à quelque 140 km au sud d'Athènes dans le Péloponnèse] et ils n'étaient donc pas au Pirée», a affirmé le correspondant de la chaîne en Grèce, Alberto Lati, qui a contacté par téléphone l'AFP. «Les journalistes n'ont eu aucun problème jeudi [hier] avec les autorités grecques», a souligné M. Lati.

Peu auparavant, une source policière avait indiqué que les deux journalistes avaient tenté de nouveau de filmer le port du Pirée et qu'après avoir été repérés par la police portuaire, ils avaient été contraints de s'éloigner des lieux.

Par ailleurs, l'Agence de presse grecque (ANA, semi-officielle) avait rapporté que trois autres journalistes mexicains, qui ont également tenté de filmer hier Le Pirée, ont été écartés du quai par la police. Toutefois, l'ANA n'a pas donné le nom de la télévision pour laquelle travaillaient ces journalistes.

Plainte

Huit bateaux de croisière doivent jeter l'ancre dans les prochains jours au port du Pirée pour héberger notamment des chefs d'État pendant les Jeux, du 13 au 29 août, et les autorités ont mis en place un important dispositif de sécurité, avec notamment le déploiement d'un millier de garde-côtes et de policiers et des mesures policières très strictes.

Les deux journalistes mexicains présents à Athènes pour les Jeux avaient porté plainte mercredi contre deux garde-côtes pour avoir subi mardi des lésions corporelles lors de leur arrestation alors qu'ils tentaient de filmer sur le port, a indiqué à l'AFP M. Lati.

Après cet incident, le chef de la police portuaire avait présenté mardi des excuses pour l'incident. Le ministère de la Marine marchande, qui supervise la police portuaire, avait alors indiqué que les journalistes «avaient essayé de fuir en voiture» lors d'un contrôle, «provoquant les soupçons fondés» des garde-côtes, tout en soulignant qu'une enquête interne avait été ouverte.

Après cet incident, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) avait exprimé mercredi son inquiétude pour «les entraves» à la couverture médiatique des Jeux.

Au total, 70 000 policiers, militaires, garde-côtes et pompiers doivent assurer la sécurité sur les sites olympiques pendant les Jeux à Athènes. La Grèce a consacré près de 1,2 milliard d'euros (environ 1,9 milliard $CAN) à la sécurité, le triple du budget des Jeux de Sydney en 2000.