cache information close 

Tout feu tout flamme à la Tohu

Le croquis de la falla de Saint-Michel, de l’artiste Louis Bouchard.
Photo: Le croquis de la falla de Saint-Michel, de l’artiste Louis Bouchard.

En élisant domicile, en 1999, dans le quartier Saint-Michel, la Cité des arts du cirque de Montréal s'est donné plusieurs missions. D'abord, réunir en un même lieu le Cirque du Soleil, l'École nationale de cirque et un grand chapiteau permanent construit « en dur », lequel sera inauguré sous peu ; ensuite, créer une synergie entre tous les acteurs de l'industrie québécoise du cirque et assurer la visibilité et la progression mondiale de celle-ci ; enfin, contribuer à revitaliser une région tristounette de la métropole...

Depuis 2003, la Cité des arts du cirque n'existe plus. Enfin, techniquement, du moins : pour souligner l'intégration de ses nouvelles vocations environnementale et communautaire, on l'a rebaptisée la Tohu, comme dans le tohu-bohu propre à la vie urbaine et au « chaos qui précède le renouveau ».

C'est dans cet esprit que la Tohu inaugurait, en juin dernier, l'exposition permanente Terra Cirqua qui porte sur l'histoire du cirque, de même que l'exposition temporaire Beau Risque qui propose jusqu'au 3 octobre une incursion en mode « circassien » dans le passé de l'ex-carrière Miron, devenue le Complexe environnemental de Saint-Michel.

Mais c'est surtout par ses rassemblements festifs du week-end, lancés en juillet dernier, que la Tohu a engendré le plus de cohue dans la quiétude de son quartier. Baptisés « Les Dimanches à la Tohu », ces après-midi ont ainsi donné lieu à plusieurs prestations gratuites de toutes sortes.

Entre autres spectacles, on a notamment eu droit au Ballet Flamenco Arte de España ainsi qu'à une performance du groupe Collectivo. Ce week-end, pour le dernier des Dimanches à la Tohu, ce sera au tour du Gran Orchesta Cubana de Montreal, une découverte du Festival de jazz de 2002, de se produire gratuitement dans l'aire publique aménagée au coeur de la Tohu.

Mais ce même dimanche, il y aura plus. Outre un atelier de confection d'instruments de musique et la création d'une murale géante par un graffiteur, le public est convié à rencontrer une dizaine de jeunes artistes qui oeuvrent sur un projet unique : la construction d'une immense sculpture de 12 mètres... qui sera bientôt totalement détruite par les flammes. Bienvenue à la première falla de Montréal !

Un grand feu de joie

Pas de quoi crier au loup parce qu'une vingtaine d'incendies ont été allumés, ces derniers temps, à Montréal. Car, tous les printemps, près de 300 brasiers prennent naissance en une seule journée, dans la petite ville espagnole de Valence, lors de la spectaculaire fête des fallas.

Perpétuée depuis des lustres, cette vieille tradition donne lieu à des rassemblements populaires monstres au cours desquels on embrase les fallas, énormes sculptures de bois et de papier mâché, autant à des fins festives que pour servir d'exutoire aux mécontentements du peuple.

Conçue par Louis Bouchard, artiste québécois établi en France et auteur d'une dizaine de fallas créées pour la ville de Lille, la falla de Montréal est en cours de réalisation grâce à 10 falleros (artistes) du quartier Saint-Michel qui mettent ardemment la main au carton-pâte depuis des semaines.

Contrairement aux fallas valenciennes, qui décrivent souvent avec satire et ironie un florilège de tranches de vie sociale et politique, la falla de Saint-Michel forme plutôt une sorte de (superbe !) métaphore du monde du cirque. Ça ne l'empêchera pas de subir le même sort, à savoir la crema, l'exécution par le feu... Celle-ci aura lieu le 28 août, au terme d'une grande fête populaire avec musique, animation et gueuletons, à compter de 17 h.

« L'idée de cette falla, tout comme celle des Dimanches à la Tohu, c'est de donner une identité au quartier, explique Charles-Mathieu Brunelle, directeur général de la Tohu. Un peu à la manière des tam-tam du mont Royal, on veut que les gens s'approprient ces événements en créant une sorte de rituel, en donnant une couleur locale unique à ce quartier... »

***

Le mois d'août à la Tohu
- 8 août : rencontre avec les falleros, atelier de confection d'instruments de musique et peinture en direct d'un graffiteur (13 h 30) ; prestation gratuite de la Gran Orchesta Cubana de Montreal (15 h).

- 15 août : l'Éco-Fête, sorte de grande vente de garage festive et éducative.

- 28 août : dès 17 h, grande fête populaire gratuite, avec spectacles et animation, puis mise à feu de la falla vers 21h.

- Surveillez aussi la programmation de septembre, qui s'annonce riche en événements.

- Renseignements : (514) 276-TOHU, www.tohu.ca.

- La Tohu est située au 2345, rue Jarry Est (angle Jarry et d'Iberville, au nord de l'autoroute Métropolitaine).