L’ONU demande une enquête sur les décès d’enfants autochtones dans les pensionnats canadiens

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré mardi que c’est la « faute du Canada » si des enfants morts pendant leur séjour forcé dans des pensionnats ne sont pas les parents, les grands-parents, les aînés et les dirigeants communautaires qu’ils auraient dû devenir.
Photo: Chad Hipolito Archives La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré mardi que c’est la « faute du Canada » si des enfants morts pendant leur séjour forcé dans des pensionnats ne sont pas les parents, les grands-parents, les aînés et les dirigeants communautaires qu’ils auraient dû devenir.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme demande à tous les ordres de gouvernements au Canada d’enquêter sur les décès d’enfants autochtones dans les pensionnats et d’intensifier leurs efforts pour retrouver ceux qui sont portés disparus.

Une porte-parole de l’agence onusienne a déclaré que la découverte de ce que l’on croit être les restes de 215 enfants autochtones autour d’un ancien pensionnat fédéral de Kamloops, en Colombie-Britannique, est « choquante et rouvre des plaies douloureuses ».

Selon Marta Hurtado, le Canada doit mener « des enquêtes rapides et exhaustives » sur les décès et fouiller toutes les tombes anonymes. Elle croit que la guérison ne sera possible que lorsque les familles et les communautés autochtones auront accès aux documents sur les enfants disparus ou morts, et que les restes seront correctement identifiés.

La porte-parole du Haut-Commissariat croit aussi qu’on devrait envisager une compensation appropriée, des excuses officielles, des monuments commémoratifs et des services de réadaptation pour les proches, qualifiant ces mesures de « pierres angulaires de la réconciliation ».

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré mardi que c’est la « faute du Canada » si des enfants morts pendant leur séjour forcé dans des pensionnats ne sont pas les parents, les grands-parents, les aînés et les dirigeants communautaires qu’ils auraient dû devenir.

Mme Hurtado affirme que « les agressions historiques contre les enfants autochtones dans les établissements d’enseignement et de santé gérés par le gouvernement continuent d’affecter la vie des communautés autochtones ».

« Les impacts intergénérationnels qui en découlent continuent d’être importants, y compris au niveau linguistique, économique et culturel », précise-t-elle dans le communiqué. « Le manque de clarification exhaustive et d’accès à la vérité et à la réparation de ce qui s’est passé pendant cette période sombre aggrave (ces impacts). »

La première nation Tk’emlups te Secwepemc a annoncé la semaine dernière que des fouilles menées avec un radar pénétrant avaient localisé ce que l’on croit être les restes d’enfants du pensionnat de Kamloops, dans un cimetière clandestin. Un rapport plus détaillé sur les résultats de ces recherches est attendu en juin.

Cette découverte ramène au-devant de l’actualité la mise en œuvre des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, a déclaré Mme Hurtado.

Elle a également appelé M. Trudeau à établir une organisation juridique spécifique, avec le gouvernement et des membres autochtones, pour protéger et gérer les lieux de sépulture. Elle propose même l’aide technique des Nations unies.

Le premier ministre a promis mardi soir aux Communes le soutien du gouvernement fédéral pour aider à préserver les lieux de sépulture et à trouver d’autres endroits semblables près des anciens pensionnats. Mais M. Trudeau et ses ministres ont souligné la nécessité pour les communautés autochtones de décider elles-mêmes comment elles veulent procéder.

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