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84 000 km à vélo - L'épopée charitable et internationale de Michaël Champagne

Aider les gens dans le besoin, à sa façon, voilà le défi que s'était donné Michaël Champagne en 1997. Mais les moyens d'entreprendre sa quête étaient un peu moins conventionnels: faire le tour de l'Amérique, sans un sou, et à vélo!

Aujourd'hui, après 84 000 km à bicyclette en sept ans, un tour des Amériques presque complété et des centaines de bonnes actions organisées partout sur son parcours, le cycliste originaire de la Côte-Nord n'a qu'une idée en tête: finaliser son tour de l'Amérique (toujours en aidant les gens dans le besoin) et ensuite continuer son périple autour du monde. «À 39 ans, je pense que je suis encore bon pour sept ou huit ans. De toute façon, je n'ai aucune attache ici, pas d'auto, pas de permis de conduire, pas de carte d'assurance-maladie, pas de femme», raconte en entrevue au Devoir Michaël Champagne, de passage à Montréal.

Le 17 juin 1997, après huit mois de préparation (passeport, vaccination, assemblage d'une remorque), il abandonne son existence québécoise et s'élance vers l'aventure à bord d'un véhicule sur deux roues, qui avec la remorque attachée à l'arrière, totalise près de 130 kilos. Il traversera alors le Canada d'est en ouest, avant de descendre la côte pacifique, jusqu'en Amérique centrale et ensuite en Amérique du Sud. Son objectif est de remonter par la suite par la côte atlantique et ainsi devenir le premier Québécois à faire le tour du continent à vélo.

Sa méthode d'action est, au fond, très simple. En arrivant dans une ville, il rencontre des organismes caritatifs, s'informe des besoins de la population, des jeunes, des plus pauvres. De là, il propose et organise un projet pour leur venir en aide. Campagnes de financement, marche, collecte de vêtements, distribution de nourriture, rien ne l'arrête, pas même la langue espagnole, qu'il ne parlait pas du tout avant son départ, mais qu'il a apprise au fil des années. Partout où il s'établit pour quelques jours, voire quelques semaines, il rencontre des gens qui l'hébergent, lui donnent de la nourriture ou lui financent des projets d'entraide. «Une fois au Mexique, j'arrive dans un village et je vois des enfants qui s'amusent avec un ballon fait en carton. Tu ne peux pas être le pays du football [soccer] et pas avoir de foot ball, alors j'ai trouvé quelqu'un qui a financé l'achat de ballons qu'on est allé donner aux enfants du village», raconte celui dont les capacités exceptionnelles d'organisateur sèment sur son passage des milliers de sourires.

Embûches

Son périple n'a toutefois pas été de tout repos. Plusieurs vols, quelques agressions armées et des séjours à l'hôpital l'ont retardé dans son parcours, ce qui fait qu'il n'a toujours pas complété son projet initial, le tour des Amériques. Il entend donc repartir dans les prochains jours, en longeant cette fois-ci l'océan Atlantique. Et une fois rendu au bout de l'Argentine? «La Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Thaïlande, le Népal, la Suisse, l'Afrique», répond-il, confiant et décidé. Mais l'Afrique, c'est grand. «Si je prends deux ans, je pourrai le faire du sud au nord, où l'inverse, toujours en continuant d'aider les gens.»

Si Michaël a été accompagné d'une acolyte pendant quelques mois de son épopée, il est maintenant seul pour entreprendre le suite de son périple, sauf s'il réussit à mettre en branle son nouveau projet. Il souhaite en fait qu'une équipe de tournage le suive, afin de faire de son épopée une émission télévisée. Mais un défi de taille l'attend, et il devra sortir sa légendaire force de persuasion pour le surmonter: il doit maintenant trouver une maison de production qui acceptera d'embarquer dans l'aventure.